Sida: situation actuelle et évolution probable en Belgique et dans le monde

Quelle est la situation du SIDA et de l’infection à VIH en Belgique ?

D’après Sciensano (Service épidémiologie des maladies infectieuses), au cours de l’année  2019,  923  infections  par  le  VIH  ont  été  diagnostiquées  en  Belgique. Ce qui correspond à 2,5 nouveaux diagnostics par jour en moyenne ou encore à 81 nouveaux  diagnostics  par  million  d’habitants.  Le  nombre  d’infections diagnostiquées en 2019 est en augmentation de 4 % par rapport à l’année 2018 et en diminution de 25 % en comparaison de l’année 2012.

Au cours des 3 décennies passées, le nombre de nouvelles infections VIH diagnostiquées dans le pays a évolué entre 1,9 et 3,4 nouveaux diagnostics par jour en moyenne. Le nombre le plus élevé de diagnostics a été observé en 2012 avec 1 230 nouveaux cas diagnostiqués et le plus bas en 1997 avec 699 diagnostics.
Au 31 décembre 2019, et depuis le début de l’épidémie, un total de 32635 personnes a été diagnostiquées séropositives pour le VIH.

L’épidémie du VIH en Belgique devient moins dominée par les deux populations historiquement les plus infectées, à savoir d’une part les HSH de nationalité belge et d’autre part les personnes qui ont contracté le virus via des rapports hétérosexuels et provenant de pays d’Afrique subsaharienne.
Tant chez les HSH que les personnes contaminées par voie hétérosexuelle, la distribution des nationalités a sensiblement évolué au cours du temps :

  • En 2019, la nationalité belge n’est plus rapportée que pour 51 % des HSH diagnostiqués, une proportion en forte diminution par rapport aux années précédentes (67 % en 2013).
  • Parmi les personnes contaminées par voie hétérosexuelle, les nationalités africaines subsahariennes ne représentent plus que 48 % des cas en 2019 (59 % en 2012)

La proportion d’hommes parmi les personnes découvrant leur séropositivité était de 68 % en 2019. Entre 2012 et 2019, le nombre d’infections VIH diagnostiquées a diminué de 26 % chez les hommes et de 23 % chez les femmes.
Les personnes de 20 à 49 ans représentaient 78 % des diagnostics de séropositivité en 2019, 19 % étaient âgées de 50 ans et plus, 2 % de 15 à 19 ans et 0,4 % de moins de 15 ans. Entre 2010 et 2019, la proportion des 20-49 ans a diminué de 25 %. En 2019, une augmentation du nombre de diagnostics a été observée chez les hommes dans le groupe d’âge 20-39 ans et chez les femmes dans le groupe d’âge 30-49 ans. La moyenne d’âge lors du diagnostic était de 38 ans chez les femmes adultes et de 39 ans chez les hommes adultes. En 10 ans, la moyenne d’âge des adultes diagnostiqués s’est élevée de 1,8 an.

Au cours de l’année 2019, 17081 patients infectés par le VIH ont été suivis médicalement en Belgique. On constate une augmentation régulière du nombre de patients suivis médicalement pour le VIH, avec une moyenne de 646 patients supplémentaires en suivi par an au cours de la période 2006-2019.

Au 31 décembre 2017, et depuis le début de l’épidémie, un total de 30778 personnes ont été diagnostiquées séropositives pour le VIH .
En 2017, 78 décès ont été notifiés parmi les personnes porteuses de l’infection VIH.
Un total de 2740 décès a été rapporté entre 1978 et 2017.
En 2017, 56 diagnostics de sida ont été notifiés. Un total de 5084 cas de sida a été rapporté entre 1981 et 2017.

Le nombre de personnes vivant avec le VIH en Belgique en 2017 est estimé à 18 908 personnes. Parmi ces personnes, 16 849 personnes ont été diagnostiquées et 2 059 n’ont pas encore été diagnostiquées en 2017.
Au cours de l’année 2017, 16 070 patients infectés par le VIH ont été suivis médicalement en Belgique.
L’âge moyen des patients infectés par le VIH en suivi médical augmente d’année en année ; les patients âgés de 50 ans et plus représentaient 19 % de l’ensemble des patients en 2006 et 39 % en 2017.

La Belgique a un taux de dépistage du VIH élevé et relativement stable. En 2017, un nombre total de 714 382 tests VIH ont été remboursés, ce qui représente un taux de dépistage de 63 par 1000 habitants.

Qu’en est-il du SIDA en Europe ?

En 2017, on recense un niveau alarmant de nouveaux diagnostics dans la Région européenne (Europe de l’Ouest, centrale et de l’Est), malgré des progrès dans l’UE/EEE.
En 2017, près de 160 000 personnes ont reçu un diagnostic de séropositivité. C’est donc une nouvelle année de chiffres alarmants en ce qui concerne les nouveaux diagnostics d’infection à VIH dans la Région européenne de l’OMS.
Dans la partie orientale de la Région, on a comptabilisé plus de 130 000 nouveaux diagnostics de VIH, soit le chiffre le plus élevé à ce jour.
Par contre, les pays de l’Union européenne et de l’Espace économique européen (UE/EEE) ont signalé une baisse du nombre de nouveaux diagnostics, principalement due à un recul de 20 % depuis 2015 chez les hommes ayant des rapports homosexuels.
L’une des raisons de la persistance de l’épidémie en Europe est que le diagnostic tardif continue de poser un problème dans toute la Région. Dans 1 cas sur 2, la personne recevant un diagnostic de VIH est déjà à un stade avancé de l’infection.
En 2017, plus de 25 000 personnes ont reçu un diagnostic de VIH dans 30 des 31 pays de l’UE/EEE, soit un recul de 6,9 à 6,2 pour 100 000 personnes entre 2008 et 2017.
Le nombre de cas de sida continue à diminuer dans l’ensemble de la Région.

Sources : OMS et l’ECDC – European Centre for Disease Prevention and Control – Les derniers chiffres disponibles datent de 2017.

Qu’en est-il du SIDA au niveau international ?

À l’échelle mondiale, le nombre de nouvelles infections continue de diminuer : le nombre de personnes (adultes et enfants confondus) nouvellement infectées par le VIH en 2019 est de 1,7 millions.
À l’échelle mondiale, 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2019.

770000 personnes sont décédées de maladies liées au sida en 2019.

L’ONUSIDA a publié une mise à jour mondiale sur le sida en 2020.
On peut y lire notamment que :

STATISTIQUES MONDIALES SUR LE VIH

  • 37.7 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2020.
  • 1.5 million de personnes sont devenues nouvellement infectées par le VIH en 2020.
  • 680 000 de personnes sont décédées de maladies liées au sida en 2020.
  • 27.5 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale en 2020.
  • 79.3 millions de personnes ont été infectées par le VIH depuis le début de l’épidémie.
  • 36.3 millions de personnes sont décédées de suite de maladies liées au sida depuis le début de l’épidémie.

Personnes vivant avec le VIH

  • En 2020, 37.7 millions de personnes vivraient avec le VIH.
    • 36.0 millions d’adultes.
    • 1.7 million d’enfants (0-14 ans).
    • 53 % de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH sont des femmes et des filles.
  • 84% de toutes les personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique en 2020.
  • Environ 6.1 millions de personnes ne savaient pas qu’elles vivaient avec le VIH en 2020.

Personnes vivant avec le VIH ayant accès à un traitement antirétroviral

  • À la fin décembre 2020, 27.5 millions de personnes avaient accès au traitement antirétroviral, soit une augmentation de 7.8 millions par rapport à 2010.
  • En 2020, 73% de toutes les personnes vivant avec le VIH avaient accès au traitement.
    • 74% des adultes de 15 ans et plus vivant avec le VIH ont eu accès au traitement, tout comme 54% des enfants de 0-14 ans.
    • 79% des femmes adultes de 15 ans et plus ont eu accès au traitement, cependant seulement 68% des hommes adultes de 15 ans et plus y avaient accès.
  • 85% des femmes enceintes vivant avec le VIH avaient accès à des médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission du VIH à leurs bébés en 2020.

Nouvelles infections à VIH

  • Les nouvelles infections au VIH ont été réduites de 52% depuis le pic de 1997.
    • En 2020, environ 1.5 million de personnes étaient nouvellement infectées par le VIH, contre 3.0 millions en 1997.
  • Depuis 2010, les nouvelles infections au VIH ont diminué de 31 %, passant de 2.1 millions à 1.5 million en 2020.
    • Depuis 2010, les nouvelles infections au VIH chez les enfants ont diminué de 53 %, passant de 320 000 en 2010 à 150 000 en 2020.

Décès liés au sida

  • Les décès liés au sida ont été réduits de 64 % depuis le pic de 2004 et de 47% depuis 2010.
    • En 2020, environ 680 000 personnes mourront de maladies liées au sida dans le monde, contre 1.9 million de personnes en 2004 et 1.3 million de personnes en 2010.
  • La mortalité liée au sida a diminué de 53 % chez les femmes et les filles et de 41% chez les hommes et les garçons depuis 2010.

La COVID-19 et le VIH

  • Les personnes vivant avec le VIH subissent des conséquences plus graves et présentent des comorbidités plus importantes à cause de la COVID-19 que les personnes ne vivant pas avec le VIH et, à la mi-2021, la plupart n’avaient pas accès aux vaccins COVID-19.
    • Des études menées en Angleterre et en Afrique du Sud ont révélé que le risque de mourir de la COVID-19 chez les personnes séropositives était deux fois plus élevé que dans la population générale.
    • L’Afrique subsaharienne abrite les deux tiers (67 %) des personnes vivant avec le VIH. Mais les vaccins qui peuvent les protéger n’arrivent pas assez vite. En juillet 2021, moins de 3% des personnes en Afrique avaient reçu au moins une dose d’un vaccin COVID.
  • Les fermetures engendrées par la COVID-19 et d’autres restrictions ont perturbé le dépistage du VIH et, dans de nombreux pays, ont entraîné une chute brutale des diagnostics et des orientations vers des traitements contre le VIH.
    • Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a indiqué que, selon les données recueillies dans 502 établissements de santé de 32 pays d’Afrique et d’Asie, le dépistage du VIH a diminué de 41 % et les orientations vers un diagnostic et un traitement ont diminué de 37 % pendant les premiers confinements dus à la COVID-19 en 2020, par rapport à la même période en 2019.

Populations clés

  • En 2020, les populations clés (les professionnel(le)s du sexe et leurs clients, les hommes gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues injectables, les femmes transgenres) et leurs partenaires sexuels représentaient 65% de toutes les nouvelles infections au VIH :
    • 93% des nouvelles infections au VIH en dehors de l’Afrique subsaharienne.
    • 39% des nouvelles infections au VIH en Afrique subsaharienne.
  • Le risque de contracter le VIH est :
    • 35 fois plus élevé chez les personnes qui s’injectent des drogues.
    • 34 fois plus élevé chez les femmes transgenres.
    • 26 fois plus élevé pour les travailleur-euse-s du sexe.
    • 25 fois plus élevé pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Femmes

  • Chaque semaine, environ 5 000 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH.
    • En Afrique subsaharienne, six nouvelles infections au VIH sur sept chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans concernent des filles. Les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont deux fois plus susceptibles de vivre avec le VIH que les hommes. Environ 4200 adolescentes et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans ont été infectées par le VIH chaque semaine en 2020.
    • Dans certaines régions, les femmes qui ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ont 1.5 fois plus de risques de contracter le VIH que les femmes qui n’ont pas subi de telles violences.
  • En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles représentaient 63 % de toutes les nouvelles infections au VIH.

Source : Onusida.

Quelle sera l’évolution probable de la maladie pour les années à venir à travers le monde ?

À la fin de 2020, 21,5 milliards de dollars US (en dollars américains constants de 2019), contre 19 milliards de dollars US en 2018, étaient disponibles pour la lutte contre le sida dans les pays à revenu faible ou intermédiaire – environ 61 % du total des ressources provenaient de sources nationales.

L’ONUSIDA estime qu’il faudra 29 milliards de dollars (en dollars américains constants de 2019) pour la riposte au sida dans les pays à revenu faible et intermédiaire, y compris les pays autrefois considérés comme des pays à revenu élevé, en 2025, pour être en mesure de mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique mondiale.

770 000 décès liés au sida ont été enregistrés dans le monde entier en 2019 (Onusida) contre 1,9 million en 2004 et 1,4 million en 2010.

Les nouvelles infections à VIH ont été réduites de 40 % depuis le pic de 1997. En 2019, 1,7 million de personnes étaient nouvellement infectées par le VIH, contre 3,4 millions en 1996.
Depuis 2010, les nouvelles infections à VIH chez les adultes ont diminué d’environ 16 %, passant de 1,9 million à 1,7 million en 2018.
Depuis 2010, les nouvelles infections à VIH chez les enfants ont diminué de 41 %, contre 270 000 en 2010 à 160 000 en 2018.

L’amélioration de l’accès au traitement dans le monde est irréfutable.
En 2018, 23,3 millions de personnes vivant avec le VIH avaient accès au traitement antirétroviral, soit une augmentation de 7,7 millions depuis 2010.
En 2018, 62 % de toutes les personnes vivant avec le VIH avaient accès au traitement.
En 2018, 82 % des femmes enceintes vivant avec le VIH avaient accès à des médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission du VIH à leurs bébés.

MAJ 2021