Quelles sont les conséquences du (cyber-)harcèlement ?

Qu’il soit en ligne ou dans la « vraie vie  » l’harcèlement peut avoir des conséquences très lourdes, que l’on soit victime, auteur·rice, ou témoin.

Si tu es la cible

Être harcelé·e, que ce soit à l’école ou en ligne, laisse des traces profondes. Tu peux ressentir de la honte, de la culpabilité, ou penser que c’est ta faute. Ce n’est jamais le cas. Le harcèlement n’est ni normal, ni quelque chose que tu dois encaisser sans rien dire.

Les conséquences peuvent inclure :

●  une perte de confiance en soi,
●  de l’anxiété, de la dépression,
●  un sentiment de solitude ou de méfiance envers les autres,
●  des pensées très sombres, voire suicidaires dans les cas les plus graves.

Même après avoir changé d’environnement (comme une école), ces effets peuvent continuer. Mais attention : ce n’est pas une fatalité. Avec du soutien, on peut aller mieux. Découvre dans notre article que faire en cas de cyberharcèlement.

Si tu es témoin

Être témoin d’une situation de harcèlement, ce n’est pas rien. Sur les réseaux, la présence de spectateurs peut aggraver le mal-être : la honte devient publique. Mais ces spectateurs peuvent aussi être des alliés s’ils réagissent et ne laissent pas faire. Si tu es témoin, tu peux :

●  ressentir du stress ou de l’angoisse,
 te sentir en danger toi-même, comme si tu pouvais être la prochaine cible,
●  te taire par peur, ce qui peut te faire perdre confiance en toi ou dans les autres.

Ton rôle est important. Tu peux faire une différence, même en parlant à un adulte de confiance ou en soutenant la personne harcelée. Se taire, ce n’est pas être neutre.

Si tu es auteur·rice

Harceler, ce n’est pas juste « une blague » ou « un délire de groupe ». À force, tu risques de :

●  banaliser la souffrance des autres,
●  croire que l’humiliation, c’est normal,
●  perdre en empathie, surtout en ligne où tu ne vois pas l’impact de tes mots,
●  avoir des problèmes avec ton entourage, ton école, voire la justice si une plainte est émise.

Et puis, un comportement qui blesse les autres finit aussi par te nuire à toi-même. On peut toujours changer, comprendre, s’excuser, réparer.

Parler, c’est déjà agir. Si tu es concerné·e de près ou de loin par une situation de (cyber)harcèlement, ne reste pas seul·e. Des solutions existent.

Voir aussi :

MAJ 2025




Que faire en cas de (cyber-)harcèlement ?

Si tu vis une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement, tu n’es pas seul·e. Il existe des moyens d’agir, de se protéger et d’obtenir de l’aide.

D’abord, parles-en

C’est souvent le premier pas le plus difficile, mais aussi le plus important.

Parle à une personne de confiance : un·e ami·e, un adulte, un·e prof, un·e éducateur·trice, quelqu’un du CPMS, etc.
Tu peux aussi contacter des services spécialisés :

●  103 – Écoute-Enfant
●  107 – Télé-Accueil
●  116 000 – Child Focus
●  Une ligne d’écoute
●  Chat sur maintenantjenparle.be

Concrètement, protège-toi :

●  Bloque les personnes qui t’embêtent et ne négocie surtout pas avec eux.
 Signale-le(s) contenu(s) maveillant(s), tous les réseaux sociaux proposent une option de signalement.
●  Modifie rapidement tes paramètres de confidentialité et/ou tes mots de passe. Supprime aussi les informations personnelles susceptibles d’être utilisées contre toi.
●  Fais des captures d’écran de tout (tu peux utiliser des applis comme CyberHelp).
Garde-les pour les montrer à un adulte ou à la police si nécessaire, pas pour te venger !
●  Si tu te sens capable, fais savoir que tu n’es pas d’accord avec ce qu’il/elle fait. Parfois, la personne ne réalise même pas qu’elle va trop loin.
●  Demande à ce qu’on supprime les contenus (photo, vidéo…).
Rappelle-toi, s’il s’agit d’une photo ou d’une vidéo et que tu es clairement identifié dessus, ils.elles ont l’obligation de la supprimer si tu le demandes (cf. « Droit à l’image » )
●  Si la situation continue, parle à un adulte pour envisager de porter plainte.

Si malgré tout , la situation persiste et que tu te sens démuni.e, n’hésite pas à demander de l’aide , à en parler autour de toi :

●  Parles-en à une personne de confiance (ami.e.s, parents, proches, éducateur.trice.s, professeur.e.s, CPMS…). Tu peux aussi appeler le 103 (« Écoute Enfant »), le 107 (« Télé-Accueil), Child focus au 116000, le Service H d’Infor Jeunes Bruxelles au 02/514.41.11 ou encore en parler par chat sur « Maintenant j’en parle.be »
●  En dernier recours, tu peux aussi porter plainte contre cette personne, prends conseil auprès d’un ami ou d’un adulte pour que ce soit le plus efficace possible. Le site « Victime.be » t’explique en détails la procédure et propose de se faire accompagner dans ces démarches.
Tu auras besoin de l’aide d’un.e avocat.e. Pas d’inquiétude, l’aide juridique est gratuite pour les mineurs (plus d’infos sur notre page « Bureaux d’aide juridique »)
● Si ce n’est pas suffisant, tu peux supprimer ton(tes) compte(s) et en créer en faisant attention à les sécuriser un maximum.

Que dit la loi ?

 S’il est vrai que la communication, la médiation et la résolution à l’amiable, des situations de harcèlement sont d’abord à privilégier, il se peut que de telles démarches soient trop difficiles à mettre en place ou que celles-ci ne donnent aucun résultat. 

Il est donc important de savoir qu’il existe des outils juridiques pour mettre fin aux situations de cyberharcèlement.

●  Le Code pénal belge interdit toute forme de harcèlement (article 442bis) passible d’une peine de 15 jours à 2 ans d’emprisonnement et/ou d’une amende de 50 à 300€.
●  L’article 145, paragraphe 3bis de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques condamne l’usage abusif d’un moyen de communication électronique. Cependant, il n’est pas nécessaire que ce soit un comportement répétitif. Il suffit qu’il y ait une volonté d’importuner sa cible via un moyen de communication électronique (un sms, un mail, un message Facebook., un message WhatsApp…) et une interaction directe avec celle-ci.
●  La loi protège aussi ton droit à l’image : si quelqu’un publie une photo ou vidéo de toi sans ton accord, tu peux exiger qu’elle soit supprimée.
●  Un mineur qui commet un ‘fait qualifié infraction’ ou un mineur en conflit avec la loi ne sera pas sanctionné pénalement (pas d’emprisonnement, pas d’amende). Par contre, il pourra néanmoins être sanctionné le juge de la jeunesse peut prendre des mesure plus ou moins contraignantes à son égard (réprimande, surveillance par le SPJ, placement en institution…)
●  Notons enfin que selon l’article 442ter du Code Pénal, pour les personnes qui harcèlent sur base d’un critère protégé par les lois anti-discrimination (l’âge, la prétendue race, la nationalité, le sexe, l’orientation sexuelle, la conviction religieuse, l’état de santé, le handicap, etc.) la peine est également doublée (pour plus d’infos, n’hésite pas à aller voir notre page « discours de haine » ).

Le cyberharcèlement ne fait donc pas en soi l’objet d’une disposition pénale particulière mais, en fonction des circonstances, ces dispositions pourront être mises en œuvre pour faire cesser le cyberharcèlement.

Comment porter plainte ?

Si la situation ne s’arrange pas malgré tes efforts, tu peux porter plainte :

1.  Si vous êtes mineur(e), vous devez être accompagné(e) d’une personne majeure.

2.  Si vous êtes victime de cyberharcèlement et que vous n’êtes pas parvenu(e) à résoudre la situation à l’amiable, vous pouvez porter plainte. Dans ce cas, essayez de le faire le plus rapidement possible après les faits.

3.  Rendez-vous dans n’importe quel commissariat, éventuellement avec une personne de confiance qui va vous aider dans votre démarche et emportez les preuves dont vous disposez : capture d’écran, messages malveillants…et votre carte d’identité.

4.  Indiquez bien à l’accueillant que vous voulez déposer une plainte auprès d’un inspecteur de police.

5.  Vous serez reçu(e) par un inspecteur de police qui rédigera un PV (un procès-verbal de votre déclaration).

6.  Vous pouvez demander à vous déclarer « personne lésée ». Cela vous permettra d’être informé(e) de l’évolution de la procédure, de joindre tous les documents utiles à votre dossier, de pouvoir consulter le dossier. Ceci se fait via un formulaire que vous remettra la police lorsque vous déposez plainte.

7.  Vous recevrez une attestation de dépôt de plainte.

Plus d’infos : https://victimes.cfwb.be

Et n’oublie pas que si tu as besoin d’un·e avocat·e, l’aide juridique est gratuite pour les mineur·es.

N’oublie jamais : tu as le droit d’être respecté·e, en ligne comme dans la vraie vie.
Et tu n’as pas à gérer ça tout·e seul·e. N’oublie pas qu’il existe de nombreuses associations qui peuvent t’aider si tu n’y arrive pas tout·e seul·e : Infor Jeunes, Child Focus, Écoute-enfant… que tu pourras contacter et qui t’aiguilleront et/ou t’accompagneront dans tes démarches.

Voir aussi :

MAJ 2025




Le (cyber-)harcèlement, c’est quoi?

Quand on parle de harcèlement, on pense souvent à ce qui se passe dans une cour d’école, un couloir, ou sur les réseaux sociaux. Mais en réalité, que ce soit en ligne ou dans la « vraie vie », le harcèlement, c’est un phénomène grave, complexe, et surtout, à ne jamais banaliser.

Harcèlement VS cyberharcèlement : même combat

Avant tout, le cyberharcèlement est une forme de harcèlement. La seule différence, c’est le canal : il passe par les écrans (smartphones, ordinateurs, réseaux sociaux, jeux en ligne…). Mais dans le fond, il obéit aux mêmes règles, mêmes mécanismes. Les deux peuvent avoir les mêmes conséquences très sérieuses que ce soit pour la victime, le ou les auteurs, ainsi que les témoins.

Harcèlement : une définition simple

Dans les milieux scolaires, associatifs ou psychosociaux, on parle souvent de harcèlement quand trois éléments sont réunis :

  1. Une intention de nuire : même si elle n’est pas toujours clairement exprimée, la personne qui harcèle veut blesser, humilier ou mettre mal à l’aise.
  2. De la répétition : les actes ou propos se répètent dans le temps, ce qui rend la situation pesante ou insupportable.
  3. Un rapport de force déséquilibré : la personne ciblée ne parvient pas à se défendre ou à se faire entendre.

Le harcèlement, c’est donc quand une personne (ou un groupe) s’en prend de manière répétée ou non à une autre personne avec une intention de nuire : en lui faisant vivre des choses blessantes, humiliantes ou violentes, mentalement et/ou physiquement. Il y a toujours une sorte de déséquilibre : la personne harcelée se sent impuissante, sans moyen d’arrêter ce qui lui arrive.

Mais ce cadre général n’est pas toujours celui de la justice.
Le Code pénal belge interdit toute forme de harcèlement (article 442bis) passible d’une peine de 15 jours à 2 ans d’emprisonnement et/ou d’une amende de 50 à 300€ :
 

« Quiconque aura harcelé une personne alors qu’il savait ou aurait dû savoir qu’il affecterait gravement par ce comportement la tranquillité de la personne visée, sera puni d’une peine d’emprisonnement de quinze jours à deux ans et d’une amende de cinquante [euros] à trois cents [euros], ou de l’une de ces peines seulement »

Dans la réforme du Code pénal belge qui rentrera en vigueur théoriquement en 2026, il n’y a plus de distinction entre le harcèlement « classique » et le cyberharcèlement. Les deux sont reconnus comme des formes de harcèlement au sens légal. Il ne sera plus nécessaire non plus que les faits soient répétés pour être condamnés.

En résumé : même un seul acte de harcèlement peut être puni par la loi, surtout si la cible se sent atteinte dans sa sécurité ou sa sérénité. C’est un signal fort : ce n’est pas la quantité qui compte, mais l’impact.

Pour plus d’information sur le cadre légal encadrant les actes de cyberharcèlement, rendez-vous sur notre article « Que faire en cas de cyberharcèlement ? ».

Il peut prendre plein de formes :

●   Verbal : moqueries, insultes, rumeurs, menaces…
●   Physique : coups, bousculades, jets d’objets…
●   Relationnel : ignorer quelqu’un, l’exclure du groupe…
●   Sexuel : blagues déplacées, photos intimes partagées…
●   Matériel : vol ou dégradation d’objets…

Et le cyberharcèlement alors ?

Bien sûr, tout ce qu’on vient de dire peut aussi exister en ligne, via des messages, photos, vidéos ou commentaires.

Le cyberharcèlement, c’est donc du harcèlement via les outils numériques : réseaux sociaux, messageries, forums, jeux en ligne, etc. Il peut prendre plein de formes :

●  messages insultants à répétition
●  diffusion de photos ou vidéos humiliantes
●  création de groupes pour se moquer d’une personne
●  commentaires haineux ou discriminants
●  piratage de compte pour nuire à quelqu’un

Ce qui rend le cyberharcèlement encore plus dur à vivre, c’est qu’il ne s’arrête pas à la grille de l’école : il peut nous suivre partout et tout le temps.

Qui sont les personnes impliquées ?

Le harcèlement, c’est rarement une affaire à deux.

On y retrouve généralement :

●  La personne qui harcèle
●  La personne harcelée
●  Les témoins (car même en regardant sans rien dire, ou en aidant pas la victime, on participe !)

Un « like », un commentaire moqueur, un partage… même si c’est “juste pour rigoler”, ça peut suffire à faire partie du harcèlement.

L’harcèlement en ligne est-il plus grave que le harcèlement classique ?

Même si les mécanismes sont les mêmes, le harcèlement en ligne a quelques caractéristiques qui le rendent encore plus sournois :

●  On se croit anonyme……et du coup, on ose des choses qu’on ne ferait jamais en face. Ça peut désinhiber, faire perdre toute empathie.
●  On ne voit pas la réaction de l’autre : écran = distance. On ne voit pas si la personne pleure, panique ou se renferme. Du coup, on réalise rarement l’impact réel de nos actes.
●  Ça va très vite : en un clic, une photo, un vidéo, un commentaire peuvent être vus, likés, partagés par des dizaines, voire des centaines de personnes.
●  Ça touche un public immense, et même des inconnus peuvent s’y mêler, ce qui renforce le sentiment que « tout le monde est contre moi ».
●  C’est presque impossible à arrêter : un contenu partagé peut rester en ligne des années, même si la personne qui l’a posté le regrette ensuite. La victime, elle, en subit encore les conséquences longtemps après…

Et maintenant ?

Tu l’as compris : le cyberharcèlement n’est pas un problème « virtuel », c’est un phénomène bien réel, aux conséquences parfois lourdes.

Mais surtout, ce n’est jamais une fatalité.
Dans les prochains articles, on va justement parler :

●  des conséquences possibles du cyberharcèlement (mentales, physiques, sociales, scolaires…)
●  et de ce qu’on peut faire si on en est victime, témoin ou auteur·rice

Voir aussi :

    MAJ 2025