Quelles sont les conséquences du (cyber-)harcèlement ?

Qu’il soit en ligne ou dans la « vraie vie  » l’harcèlement peut avoir des conséquences très lourdes, que l’on soit victime, auteur·rice, ou témoin.

Si tu es la cible

Être harcelé·e, que ce soit à l’école ou en ligne, laisse des traces profondes. Tu peux ressentir de la honte, de la culpabilité, ou penser que c’est ta faute. Ce n’est jamais le cas. Le harcèlement n’est ni normal, ni quelque chose que tu dois encaisser sans rien dire.

Les conséquences peuvent inclure :

●  une perte de confiance en soi,
●  de l’anxiété, de la dépression,
●  un sentiment de solitude ou de méfiance envers les autres,
●  des pensées très sombres, voire suicidaires dans les cas les plus graves.

Même après avoir changé d’environnement (comme une école), ces effets peuvent continuer. Mais attention : ce n’est pas une fatalité. Avec du soutien, on peut aller mieux. Découvre dans notre article que faire en cas de cyberharcèlement.

Si tu es témoin

Être témoin d’une situation de harcèlement, ce n’est pas rien. Sur les réseaux, la présence de spectateurs peut aggraver le mal-être : la honte devient publique. Mais ces spectateurs peuvent aussi être des alliés s’ils réagissent et ne laissent pas faire. Si tu es témoin, tu peux :

●  ressentir du stress ou de l’angoisse,
 te sentir en danger toi-même, comme si tu pouvais être la prochaine cible,
●  te taire par peur, ce qui peut te faire perdre confiance en toi ou dans les autres.

Ton rôle est important. Tu peux faire une différence, même en parlant à un adulte de confiance ou en soutenant la personne harcelée. Se taire, ce n’est pas être neutre.

Si tu es auteur·rice

Harceler, ce n’est pas juste « une blague » ou « un délire de groupe ». À force, tu risques de :

●  banaliser la souffrance des autres,
●  croire que l’humiliation, c’est normal,
●  perdre en empathie, surtout en ligne où tu ne vois pas l’impact de tes mots,
●  avoir des problèmes avec ton entourage, ton école, voire la justice si une plainte est émise.

Et puis, un comportement qui blesse les autres finit aussi par te nuire à toi-même. On peut toujours changer, comprendre, s’excuser, réparer.

Parler, c’est déjà agir. Si tu es concerné·e de près ou de loin par une situation de (cyber)harcèlement, ne reste pas seul·e. Des solutions existent.

Voir aussi :

MAJ 2025




Qu’est-ce que la vie privée ?


La vie privée, c’est le droit pour chacun·e de préserver son intimité, de protéger certaines facettes de sa vie des regards extérieurs, de garder un espace personnel où l’on peut être soi-même sans être observé, surveillé ou jugé. Cela comprend nos opinions, nos relations, nos émotions, notre corps, notre domicile, notre vie numérique…

Ce droit fondamental est reconnu au niveau international, notamment par la Convention européenne des droits de l’homme, et en Belgique par larticle 22 de la Constitution, qui garantit à toute personne « le respect de sa vie privée et familiale ».

Mais attention : cela ne signifie pas que ce droit est absolu.

C’est quoi un droit absolu ?

Un droit absolu ne tolère aucune exception. C’est le cas, par exemple, de l’interdiction de la torture.
La protection de la vie privée, elle, est un droit relatif : cela signifie qu’elle peut, dans certains cas, être limitée notamment lorsqu’il s’agit de :

    • Protéger la sécurité nationale ou publique
    • Prévenir des infractions
    • Préserver la santé, les bonnes mœurs, ou les droits d’autrui
    • Défendre le bien-être économique du pays

Ces exceptions sont donc assez larges.

La surveillance généralisée : un risque pour nos libertés ?

On parle parfois aujourd’hui de « société de surveillance », où la technologie permet une observation constante des comportements privés.
Les révélations autour de la NSA, de certains services de renseignement européens ou encore du projet Pegasus (un logiciel espion qui permettait de surveiller des téléphones à distance) ont montré que même dans des sociétés démocratiques, nos communications peuvent être surveillées de manière massive, parfois sans base légale claire.

Les technologies numériques rendent la limite entre vie privée et vie publique de plus en plus floue. Ce qu’on dit, ce qu’on montre, ce qu’on like, ce qu’on recherche… tout cela laisse une empreinte numérique, souvent invisible pour nous, mais exploitable par d’autres.

Quelle est la différence entre sphère privée et sphère publique ?

La sphère privée, c’est ce qui nous appartient en propre : notre maison, notre vie intime, nos échanges personnels, nos pensées.
La sphère publique, c’est ce que l’on partage avec les autres, ce qui est visible, audible, consultable par d’autres personnes. C’est la place publique, mais aussi… les réseaux sociaux.

Or, aujourd’hui, nos vies privées s’exposent volontairement sur les plateformes numériques : photos, avis, géolocalisation, préférences… Un simple clic suffit pour rendre public ce qui, autrefois, restait entre les quatre murs d’un logement.

Pourquoi est-ce important de protéger sa vie privée ?

Certaines personnes disent : « Je n’ai rien à cacher, donc rien à craindre. » Mais ce raisonnement est trompeur.

    • Parce qu’on ne sait pas toujours qui peut voir nos données (entreprises, État, inconnus…)
    • Parce que des informations privées peuvent être utilisées contre nous, sans qu’on l’ait voulu (harcèlement, escroquerie, rejet social…)
    • Parce que ce qu’on partage aujourd’hui peut revenir nous nuire plus tard
    • Parce que chacun·e a droit à un espace de liberté où il/elle peut exister sans être observé

Comme l’a montré la philosophe Hannah Arendt, la vie privée est essentielle à notre liberté intérieure. Le regard constant des autres, même virtuel, influence nos comportements, nos choix, notre authenticité.

Comment protéger concrètement sa vie privée ?

Cela commence par reprendre le contrôle sur ce qu’on partage :

    • Choisir avec soin ce qu’on poste sur les réseaux sociaux
    • Vérifier les paramètres de confidentialité
    • Limiter les données qu’on donne à des applications
    • Se poser la question : “Suis-je d’accord que cette information soit publique ?”
    • Connaître ses droits en tant qu’utilisateur·rice

Quelle est la loi qui protège notre vie privée en Belgique ?

En Belgique, c’est la Loi du 30 juillet 2018, mise à jour en juillet 2024, qui encadre la protection des données à caractère personnel.

Elle complète les grands règlements européens :

    • Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) : impose aux entreprises et services publics de respecter notre vie privée
    • Le DSA (Digital Services Act) : encadre les plateformes en ligne (réseaux sociaux, moteurs de recherche…)
    • Le DMA (Digital Markets Act) : limite le pouvoir des très grandes plateformes comme Google, Meta ou Amazon

Ces textes donnent à chaque citoyen·ne le droit :

    • D’accéder à ses données
    • De les faire corriger ou supprimer
    • De s’opposer à certains traitements
    • De porter plainte en cas de non-respect

Pour aller plus loin sur ces sujets, voir aussi nos articles :

MAJ 2025





Nos données à caractère personnel


La protection de la vie privée passe en grande partie par la protection de nos données à caractère personnel. À l’ère du numérique, ces données sont constamment récoltées, traitées, croisées, parfois sans que nous en soyons pleinement conscients. Comprendre ce que sont ces données et comment la loi les encadre est essentiel pour faire valoir ses droits.

Qu’est-ce qu’une donnée à caractère personnel ?

Une donnée à caractère personnel est toute information qui permet d’identifier une personne, directement ou indirectement, sans que cela implique la mise en œuvre de moyens disproportionnés. Cela inclut par exemple :

    • un nom ou un prénom,
    • une adresse email ou postale,
    • un numéro de téléphone,
    • une photo (qui est aussi protégée par le droit à l’image),
    • une adresse IP, un identifiant de compte, etc.

On parle de traitement de données dès qu’on effectue la moindre opération sur ces informations : collecte, enregistrement, stockage, consultation, modification, partage, voire effacement.

Des traitements omniprésents

Aujourd’hui, nos données sont traitées dans de nombreuses situations du quotidien :

    • lorsque l’on commande en ligne,
    • lorsqu’on se crée un profil sur un réseau social,
    • lorsqu’on achète un billet de train,
    • ou simplement en naviguant sur un site internet.

Ces traitements sont souvent invisibles, mais bien réels. Ils sont le plus souvent opérés par des algorithmes, des data-brokers, ou des IA, qui analysent nos comportements et en tirent des profils (de consommation) et des profits !

Le traitement de données est-il toujours légal ?

Non, le traitement n’est permis que dans certains cas bien définis par le RGPD. Voici les principales bases légales autorisant un traitement :

    1. Le consentement : la personne concernée accepte clairement, après avoir été informée, que ses données soient utilisées à des fins précises. Vous trouverez ces différents détails dans les pages « Conditions Générales d’utilisation » ou encore « Politique de confidentialité » des sites internet ou application que vous utilisez. Acceptez ces conditions n’est donc pas anodin !
    2. Une obligation légale : par exemple, un employeur doit transmettre certaines données à l’ONSS.
    3. La sauvegarde de l’intérêt vital de la personne : par exemple, dans une situation d’urgence médicale pour soigner quelqu’un d’inconscient.
    4. L’exécution d’un contrat : comme lors d’un prêt bancaire.
    5. Si le traitement est nécessaire pour exécuter une mission d’intérêt public
    6. L’intérêt légitime du responsable du traitement : à condition que cela ne porte pas atteinte aux droits et libertés de la personne concernée.

Le consentement n’est donc pas toujours requis, mais une information claire doit toujours être donnée à la personne dont les données sont traitées.

Quelles sont les obligations du responsable du traitement ?

Toute organisation ou personne qui traite des données personnelles doit :

    • informer les personnes concernées du traitement de leurs données,
    • expliquer la finalité (à quoi vont servir ces données),
    • permettre aux personnes d’accéder à leurs données, de les corriger si nécessaire, et de s’opposer à certains usages (comme le marketing direct).

Le responsable du traitement ne peut pas utiliser les données pour autre chose que ce qui a été annoncé. Le but poursuivi doit aussi être légitime. Cela signifie que les intérêts du responsable du traitement doivent être en équilibre avec les intérêts de la personne concernée. Il doit ainsi veiller à ce que le traitement soit proportionné et justifié. Par exemple :

    • un club de fitness ne peut pas revendre la liste de ses membres à une entreprise de cures minceur ;
    • envoyer une pub pour une assurance obsèques à toutes les personnes approchant 60 ans, juste en se basant sur leur âge, n’est pas une finalité légitime.

Dans tous les cas donc, celui qui traite des données doit définir l’objectif légitime de ce traitement, il doit informer la personne concernée et il doit se trouver dans un des six cas où le traitement est permis par la loi.

Un contrôle indépendant : l’Autorité de protection des données (APD)

En Belgique, c’est l’Autorité de protection des données (anciennement Commission de la vie privée) qui veille au respect de la législation. Elle peut être saisie par toute personne estimant que ses droits n’ont pas été respectés.

Elle peut proposer une médiation, exiger la cessation d’un traitement illicite, voire infliger des sanctions financières.

Le registre des traitements : une obligation depuis le RGPD

Depuis l’entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018, toute organisation doit tenir un registre des traitements. Ce document recense tous les traitements de données mis en œuvre, leur finalité, leur durée, les personnes concernées, les destinataires, etc.

Les petites structures (moins de 250 salariés) peuvent être dispensées dans certains cas, mais cette dérogation est difficile à justifier. Il est donc conseillé de toujours documenter ses traitements.

Et les mineurs ?

Les mineurs sont juridiquement considérés comme incapables de consentir seuls à l’utilisation de leurs données. Ce sont leurs parents ou représentants légaux qui doivent donner leur accord.

Depuis mars 2018, l’inscription sur les réseaux sociaux est interdite avant l’âge de 13 ans. Toutefois, en pratique, de nombreux jeunes contournent cette règle en modifiant leur date de naissance. Les plateformes vérifient rarement l’âge réel.

Cela souligne l’importance d’une éducation au numérique : il ne suffit pas de poser des règles, encore faut-il comprendre les enjeux de vie privée derrière.

Quelles sont les exceptions ?

Certaines situations échappent à l’application stricte de la loi sur la vie privée :

    • Les usages strictement personnels ou domestiques (par exemple, un carnet d’adresses privé ou un agenda personnel).
    • Les traitements réalisés dans le cadre de la liberté d’expression, par des journalistes, artistes ou écrivains.

Pour aller plus loin sur ces sujets, voir aussi nos articles :

    MAJ 2025





    Que faire en cas de (cyber-)harcèlement ?

    Si tu vis une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement, tu n’es pas seul·e. Il existe des moyens d’agir, de se protéger et d’obtenir de l’aide.

    D’abord, parles-en

    C’est souvent le premier pas le plus difficile, mais aussi le plus important.

    Parle à une personne de confiance : un·e ami·e, un adulte, un·e prof, un·e éducateur·trice, quelqu’un du CPMS, etc.
    Tu peux aussi contacter des services spécialisés :

    ●  103 – Écoute-Enfant
    ●  107 – Télé-Accueil
    ●  116 000 – Child Focus
    ●  Une ligne d’écoute
    ●  Chat sur maintenantjenparle.be

    Concrètement, protège-toi :

    ●  Bloque les personnes qui t’embêtent et ne négocie surtout pas avec eux.
     Signale-le(s) contenu(s) maveillant(s), tous les réseaux sociaux proposent une option de signalement.
    ●  Modifie rapidement tes paramètres de confidentialité et/ou tes mots de passe. Supprime aussi les informations personnelles susceptibles d’être utilisées contre toi.
    ●  Fais des captures d’écran de tout (tu peux utiliser des applis comme CyberHelp).
    Garde-les pour les montrer à un adulte ou à la police si nécessaire, pas pour te venger !
    ●  Si tu te sens capable, fais savoir que tu n’es pas d’accord avec ce qu’il/elle fait. Parfois, la personne ne réalise même pas qu’elle va trop loin.
    ●  Demande à ce qu’on supprime les contenus (photo, vidéo…).
    Rappelle-toi, s’il s’agit d’une photo ou d’une vidéo et que tu es clairement identifié dessus, ils.elles ont l’obligation de la supprimer si tu le demandes (cf. « Droit à l’image » )
    ●  Si la situation continue, parle à un adulte pour envisager de porter plainte.

    Si malgré tout , la situation persiste et que tu te sens démuni.e, n’hésite pas à demander de l’aide , à en parler autour de toi :

    ●  Parles-en à une personne de confiance (ami.e.s, parents, proches, éducateur.trice.s, professeur.e.s, CPMS…). Tu peux aussi appeler le 103 (« Écoute Enfant »), le 107 (« Télé-Accueil), Child focus au 116000, le Service H d’Infor Jeunes Bruxelles au 02/514.41.11 ou encore en parler par chat sur « Maintenant j’en parle.be »
    ●  En dernier recours, tu peux aussi porter plainte contre cette personne, prends conseil auprès d’un ami ou d’un adulte pour que ce soit le plus efficace possible. Le site « Victime.be » t’explique en détails la procédure et propose de se faire accompagner dans ces démarches.
    Tu auras besoin de l’aide d’un.e avocat.e. Pas d’inquiétude, l’aide juridique est gratuite pour les mineurs (plus d’infos sur notre page « Bureaux d’aide juridique »)
    ● Si ce n’est pas suffisant, tu peux supprimer ton(tes) compte(s) et en créer en faisant attention à les sécuriser un maximum.

    Que dit la loi ?

     S’il est vrai que la communication, la médiation et la résolution à l’amiable, des situations de harcèlement sont d’abord à privilégier, il se peut que de telles démarches soient trop difficiles à mettre en place ou que celles-ci ne donnent aucun résultat. 

    Il est donc important de savoir qu’il existe des outils juridiques pour mettre fin aux situations de cyberharcèlement.

    ●  Le Code pénal belge interdit toute forme de harcèlement (article 442bis) passible d’une peine de 15 jours à 2 ans d’emprisonnement et/ou d’une amende de 50 à 300€.
    ●  L’article 145, paragraphe 3bis de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques condamne l’usage abusif d’un moyen de communication électronique. Cependant, il n’est pas nécessaire que ce soit un comportement répétitif. Il suffit qu’il y ait une volonté d’importuner sa cible via un moyen de communication électronique (un sms, un mail, un message Facebook., un message WhatsApp…) et une interaction directe avec celle-ci.
    ●  La loi protège aussi ton droit à l’image : si quelqu’un publie une photo ou vidéo de toi sans ton accord, tu peux exiger qu’elle soit supprimée.
    ●  Un mineur qui commet un ‘fait qualifié infraction’ ou un mineur en conflit avec la loi ne sera pas sanctionné pénalement (pas d’emprisonnement, pas d’amende). Par contre, il pourra néanmoins être sanctionné le juge de la jeunesse peut prendre des mesure plus ou moins contraignantes à son égard (réprimande, surveillance par le SPJ, placement en institution…)
    ●  Notons enfin que selon l’article 442ter du Code Pénal, pour les personnes qui harcèlent sur base d’un critère protégé par les lois anti-discrimination (l’âge, la prétendue race, la nationalité, le sexe, l’orientation sexuelle, la conviction religieuse, l’état de santé, le handicap, etc.) la peine est également doublée (pour plus d’infos, n’hésite pas à aller voir notre page « discours de haine » ).

    Le cyberharcèlement ne fait donc pas en soi l’objet d’une disposition pénale particulière mais, en fonction des circonstances, ces dispositions pourront être mises en œuvre pour faire cesser le cyberharcèlement.

    Comment porter plainte ?

    Si la situation ne s’arrange pas malgré tes efforts, tu peux porter plainte :

    1.  Si vous êtes mineur(e), vous devez être accompagné(e) d’une personne majeure.

    2.  Si vous êtes victime de cyberharcèlement et que vous n’êtes pas parvenu(e) à résoudre la situation à l’amiable, vous pouvez porter plainte. Dans ce cas, essayez de le faire le plus rapidement possible après les faits.

    3.  Rendez-vous dans n’importe quel commissariat, éventuellement avec une personne de confiance qui va vous aider dans votre démarche et emportez les preuves dont vous disposez : capture d’écran, messages malveillants…et votre carte d’identité.

    4.  Indiquez bien à l’accueillant que vous voulez déposer une plainte auprès d’un inspecteur de police.

    5.  Vous serez reçu(e) par un inspecteur de police qui rédigera un PV (un procès-verbal de votre déclaration).

    6.  Vous pouvez demander à vous déclarer « personne lésée ». Cela vous permettra d’être informé(e) de l’évolution de la procédure, de joindre tous les documents utiles à votre dossier, de pouvoir consulter le dossier. Ceci se fait via un formulaire que vous remettra la police lorsque vous déposez plainte.

    7.  Vous recevrez une attestation de dépôt de plainte.

    Plus d’infos : https://victimes.cfwb.be

    Et n’oublie pas que si tu as besoin d’un·e avocat·e, l’aide juridique est gratuite pour les mineur·es.

    N’oublie jamais : tu as le droit d’être respecté·e, en ligne comme dans la vraie vie.
    Et tu n’as pas à gérer ça tout·e seul·e. N’oublie pas qu’il existe de nombreuses associations qui peuvent t’aider si tu n’y arrive pas tout·e seul·e : Infor Jeunes, Child Focus, Écoute-enfant… que tu pourras contacter et qui t’aiguilleront et/ou t’accompagneront dans tes démarches.

    Voir aussi :

    MAJ 2025




    Le (cyber-)harcèlement, c’est quoi?

    Quand on parle de harcèlement, on pense souvent à ce qui se passe dans une cour d’école, un couloir, ou sur les réseaux sociaux. Mais en réalité, que ce soit en ligne ou dans la « vraie vie », le harcèlement, c’est un phénomène grave, complexe, et surtout, à ne jamais banaliser.

    Harcèlement VS cyberharcèlement : même combat

    Avant tout, le cyberharcèlement est une forme de harcèlement. La seule différence, c’est le canal : il passe par les écrans (smartphones, ordinateurs, réseaux sociaux, jeux en ligne…). Mais dans le fond, il obéit aux mêmes règles, mêmes mécanismes. Les deux peuvent avoir les mêmes conséquences très sérieuses que ce soit pour la victime, le ou les auteurs, ainsi que les témoins.

    Harcèlement : une définition simple

    Dans les milieux scolaires, associatifs ou psychosociaux, on parle souvent de harcèlement quand trois éléments sont réunis :

    1. Une intention de nuire : même si elle n’est pas toujours clairement exprimée, la personne qui harcèle veut blesser, humilier ou mettre mal à l’aise.
    2. De la répétition : les actes ou propos se répètent dans le temps, ce qui rend la situation pesante ou insupportable.
    3. Un rapport de force déséquilibré : la personne ciblée ne parvient pas à se défendre ou à se faire entendre.

    Le harcèlement, c’est donc quand une personne (ou un groupe) s’en prend de manière répétée ou non à une autre personne avec une intention de nuire : en lui faisant vivre des choses blessantes, humiliantes ou violentes, mentalement et/ou physiquement. Il y a toujours une sorte de déséquilibre : la personne harcelée se sent impuissante, sans moyen d’arrêter ce qui lui arrive.

    Mais ce cadre général n’est pas toujours celui de la justice.
    Le Code pénal belge interdit toute forme de harcèlement (article 442bis) passible d’une peine de 15 jours à 2 ans d’emprisonnement et/ou d’une amende de 50 à 300€ :
     

    « Quiconque aura harcelé une personne alors qu’il savait ou aurait dû savoir qu’il affecterait gravement par ce comportement la tranquillité de la personne visée, sera puni d’une peine d’emprisonnement de quinze jours à deux ans et d’une amende de cinquante [euros] à trois cents [euros], ou de l’une de ces peines seulement »

    Dans la réforme du Code pénal belge qui rentrera en vigueur théoriquement en 2026, il n’y a plus de distinction entre le harcèlement « classique » et le cyberharcèlement. Les deux sont reconnus comme des formes de harcèlement au sens légal. Il ne sera plus nécessaire non plus que les faits soient répétés pour être condamnés.

    En résumé : même un seul acte de harcèlement peut être puni par la loi, surtout si la cible se sent atteinte dans sa sécurité ou sa sérénité. C’est un signal fort : ce n’est pas la quantité qui compte, mais l’impact.

    Pour plus d’information sur le cadre légal encadrant les actes de cyberharcèlement, rendez-vous sur notre article « Que faire en cas de cyberharcèlement ? ».

    Il peut prendre plein de formes :

    ●   Verbal : moqueries, insultes, rumeurs, menaces…
    ●   Physique : coups, bousculades, jets d’objets…
    ●   Relationnel : ignorer quelqu’un, l’exclure du groupe…
    ●   Sexuel : blagues déplacées, photos intimes partagées…
    ●   Matériel : vol ou dégradation d’objets…

    Et le cyberharcèlement alors ?

    Bien sûr, tout ce qu’on vient de dire peut aussi exister en ligne, via des messages, photos, vidéos ou commentaires.

    Le cyberharcèlement, c’est donc du harcèlement via les outils numériques : réseaux sociaux, messageries, forums, jeux en ligne, etc. Il peut prendre plein de formes :

    ●  messages insultants à répétition
    ●  diffusion de photos ou vidéos humiliantes
    ●  création de groupes pour se moquer d’une personne
    ●  commentaires haineux ou discriminants
    ●  piratage de compte pour nuire à quelqu’un

    Ce qui rend le cyberharcèlement encore plus dur à vivre, c’est qu’il ne s’arrête pas à la grille de l’école : il peut nous suivre partout et tout le temps.

    Qui sont les personnes impliquées ?

    Le harcèlement, c’est rarement une affaire à deux.

    On y retrouve généralement :

    ●  La personne qui harcèle
    ●  La personne harcelée
    ●  Les témoins (car même en regardant sans rien dire, ou en aidant pas la victime, on participe !)

    Un « like », un commentaire moqueur, un partage… même si c’est “juste pour rigoler”, ça peut suffire à faire partie du harcèlement.

    L’harcèlement en ligne est-il plus grave que le harcèlement classique ?

    Même si les mécanismes sont les mêmes, le harcèlement en ligne a quelques caractéristiques qui le rendent encore plus sournois :

    ●  On se croit anonyme……et du coup, on ose des choses qu’on ne ferait jamais en face. Ça peut désinhiber, faire perdre toute empathie.
    ●  On ne voit pas la réaction de l’autre : écran = distance. On ne voit pas si la personne pleure, panique ou se renferme. Du coup, on réalise rarement l’impact réel de nos actes.
    ●  Ça va très vite : en un clic, une photo, un vidéo, un commentaire peuvent être vus, likés, partagés par des dizaines, voire des centaines de personnes.
    ●  Ça touche un public immense, et même des inconnus peuvent s’y mêler, ce qui renforce le sentiment que « tout le monde est contre moi ».
    ●  C’est presque impossible à arrêter : un contenu partagé peut rester en ligne des années, même si la personne qui l’a posté le regrette ensuite. La victime, elle, en subit encore les conséquences longtemps après…

    Et maintenant ?

    Tu l’as compris : le cyberharcèlement n’est pas un problème « virtuel », c’est un phénomène bien réel, aux conséquences parfois lourdes.

    Mais surtout, ce n’est jamais une fatalité.
    Dans les prochains articles, on va justement parler :

    ●  des conséquences possibles du cyberharcèlement (mentales, physiques, sociales, scolaires…)
    ●  et de ce qu’on peut faire si on en est victime, témoin ou auteur·rice

    Voir aussi :

      MAJ 2025




      Comment protéger notre droit à la vie privée ?

      La loi sur la protection de la vie privée encadre le traitement de nos données mais avant cela nous devons tout d’abord, nous-mêmes, protéger nos données personnelles.

      Comment protéger ma vie privée sur internet ?

      • Je réfléchis et puis je clique : Attention à ce que vous publiez ou partagez sur vous (numéro de GSM, photos, nom de famille, etc.). Votre profil donne beaucoup d’informations sur vous. Veillez à ne pas donner plus d’informations que ce que vous communiqueriez en face à face. Si votre profil est mal protégé, le risque est que tout le monde puisse avoir accès à vos informations.
      • Pour vos e-mails, profil sur Facebook, sur Instagram ou sur des jeux, il faut choisir un bon mot de passe avec au moins 8 caractères (avec des chiffres et des lettres, des majuscules et des minuscules et un symbole comme @ ou € par exemple) ou utiliser un gestionnaire de mots de passe. Le mot de passe est privé, il ne faut le donner à personne.
      • Veillez à ce que votre connexion internet soit sécurisée avec un bon antivirus voir même un VPN (réseau privé virtuel protégeant votre connexion internet et votre confidentialité en ligne).
      • Il faut configurer vos paramètres de sécurité sur Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok… et vérifier de temps en temps, après une mise à jour notamment, si vos paramètres sont toujours corrects.
      • La géolocalisation peut être pratique mais permet de suivre quelqu’un à la trace. Vérifiez les conditions d’utilisation des applications que vous téléchargez et pour certaines, désactivez la géolocalisation.

      Comment protéger ma vie privée et celle de mes amis ?

      En ce qui concerne les réseaux sociaux et la manière dont nous choisissons de partager nos informations, il est important de se rendre compte que nos données sont collectées et souvent utilisées à des fins de profilage et de marketing. Notre consentement à cet égard est souvent implicitement considéré comme acquis. Cela se reflète dans l’acceptation des conditions générales d’utilisation (CGU) et également, par exemple pour Facebook, dans nos paramètres de confidentialité. Il est donc primordial de s’y attarder et de limiter l’accès à nos données de manière à ce que cela ne puisse pas nous porter préjudice.

      Nous sommes également en droit d’attendre d’autrui (camarades ou autres) qu’ils respectent nos droits et ne diffusent pas nos données personnelles sans notre consentement (ou intérêt légitime ou autres cas autorisés par la loi).

      Lorsque nous traitons nous-mêmes les données d’autrui (par exemple en diffusant des informations sur quelqu’un sur internet), il faut donc en informer la personne concernée et respecter les conditions légales. Le traitement est autorisé dans différents cas, notamment lorsque la personne concernée donne son consentement. Il est donc toujours plus sûr de l’obtenir pour chaque finalité qui est poursuivie. L’intérêt légitime peut être, en effet, plus difficile à évaluer. Par exemple, quelqu’un qui rechercherait un professeur particulier de mathématiques et qui saurait que le frère d’une camarade de classe donne ce genre de cours pourrait effectuer des recherches pour trouver les coordonnées du frère et le contacter. Par contre, si la personne commence à diffuser ces coordonnées, l’intérêt n’est plus légitime.

      En cas de non-respect du droit à la vie privée d’autrui ?

      En cas de non-respect, il est toujours possible que le juge de la jeunesse soit saisi par le procureur du roi, que le jeune mineur soit convoqué et que des sanctions soient prononcées. Par ailleurs, au civil, si quelqu’un a subi un dommage (matériel ou moral), il faudra réparer ce dommage, c’est-à-dire payer une certaine somme d’argent. Concrètement, ce seront le plus souvent d’autres personnes qui seront impliquées si la responsabilité du jeune mineur est engagée : ses parents ou autres personnes chargées de la surveillance.

      Voir aussi :

      MAJ 2024