Travailler à l’étranger : le contrat

Avoir un contrat de travail est obligatoire, c’est un document par lequel vous vous engagez à fournir des prestations de travail en contrepartie d’une rémunération sous l’autorité d’un employeur.

Quel type de contrat ?

  • Soit vous signez un contrat avec un employeur belge, votre contrat sera donc soumis au droit belge. La société pour laquelle vous travaillez en Belgique peut vous détacher à l’étranger pour une mission de courte durée, dans ce cas vous restez dans le cadre de la législation belge.
  • Soit vous signez un contrat établi avec un employeur du pays d’accueil. Vous devrez alors vous référer à la législation du pays notamment pour ce qui concerne les congés annuels, la durée du travail, la rémunération et les délais de préavis.

Le contenu de votre contrat sera spécifique à votre emploi mais des éléments indispensables doivent s’y trouver :

  • L’identification et la qualité des parties ;
  • La législation applicable au contrat et la juridiction compétente en cas de litige ;
  • La durée du contrat pour un contrat à durée déterminée ;
  • La durée de travail par jour ou par semaine ;
  • La durée de la période d’essai ;
  • La durée du séjour, le lieu de travail et la date de début de l’activité ;
  • L’intitulé du poste, la qualification et la classification ;
  • La rémunération, les primes et les indemnités ;
  • Les frais de voyage, les frais de retour pour les congés payés et les frais de rapatriement ;
  • Les frais de logement ;
  • Les frais concernant le conjoint et les enfants (voyage, scolarité) ;
  • La couverture sociale de base et complémentaire (pension, assurance chômage) ;
  • Les modalités d’ancienneté, d’avancement, de promotion, de mutation ;
  • Le recyclage éventuel au retour ;
  • Les modalités de rupture du contrat (préavis, indemnités de rupture).

MAJ 2022


Se préparer et rédiger son cv

La préparation

Si vous entrez dans le monde du travail, un stage ou le volontariat peuvent vous apporter une expérience à faire valoir dans votre recherche d’emploi à l’étranger.
Certaines associations professionnelles ou chambres de commerce peuvent vous informer sur le marché du travail dans le pays où vous voulez aller ou vous donner les coordonnées d’une association similaire dans ce pays.
La plupart des belges travaillant à l’étranger partent dans un pays européen ou en Amérique du nord.
Il faut avoir en tête que l’aspect administratif peut être assez long. Dans l’Union européenne, la libre circulation des travailleurs est le principe. Les démarches administratives sont donc moins lourdes mais hors Europe, elles peuvent être assez complexes et fastidieuses. Ces démarches seront évidemment différentes si vous partez seul ou avec votre famille.

La rédaction du curriculum vitae

Soigner son curriculum vitae est évidemment indispensable pour sortir de la masse et intéresser les employeurs.

Renseignez-vous sur les habitudes en vigueur en matière de curriculum vitae dans le pays où vous postulez. Dans certains pays, les entreprises n’apprécient pas les CV de plus d’une page A4 ; d’autres préfèrent les détails même d’ordre privé, dans ce cas le CV peut atteindre 5 à 6 pages.
En fonction de l’emploi visé, l’ordre des informations présentées dans votre CV sera important ; par exemple, soit faire apparaître en premier lieu vos expériences professionnelles, soit votre parcours scolaire. Dans certains pays, les employeurs apprécient la polyvalence, d’autres l’assimilent à de l’instabilité.

Le CV européen, l’Europass, permet de présenter votre profil complet et en plusieurs langues. Vous pouvez le créer sur le site suivant : https://europa.eu/europass/fr.

Dans la lettre de motivation, il est souvent utile d’expliquer votre motivation et enthousiasme à travailler dans le pays concerné en tant qu’étranger.

Dans quels secteurs chercher ?

Plusieurs pistes sont à explorer : internet, les chambres de commerce des pays choisis, les quotidiens nationaux ou internationaux, etc.
Voici quelques secteurs qui recrutent, chaque pays ayant bien entendu ses spécificités : agriculture, bâtiment, commerce, enseignement, environnement, hôtellerie, immobilier et services liés, industries du pétrole, du gaz, restauration, secteur de la construction, secteur des nouvelles technologies : informatique-internet-réseau, secteur de la santé (infirmiers, médecins, anesthésistes…), secteur des services, technologies de l’information, tourisme de loisirs et d’affaires et tous les services liés, transport, travaux publics.
N’oubliez pas de bien préparer toutes vos références : lettres d’employeur, photocopies de diplômes, photocopies de toutes les formations ou compétences qui pourraient intéresser l’employeur.

Le réseau EURES est l’un des premiers outils pouvant vous aider à trouver un emploi en Europe. Sur leur site internet, dans la rubrique « Vivre et travailler », vous trouverez des réponses aux questions importantes telles que la recherche d’un logement, la recherche d’une école, la fiscalité, le coût de la vie, la santé, la législation sociale, la comparabilité des qualifications, etc.

Le site d’Actiris International donne de nombreuses informations sur le travail à l’étranger : « Travailler en Europe » et « Travailler en-dehors de l’Europe ». Vous pouvez consulter les offres d’emploi à l’étranger disponibles (pour ce faire, sélectionnez dans le menu de gauche, lieu « Etranger »).

Si vous voulez voyager et travailler, c’est possible avec le Visa Vacances Travail (VVT) ou le Permis Vacances Travail (PVT) ou le Working Holiday Visa (WHV).
Plus de renseignements sur les sites suivants :  http://www.working-holiday-visas.com/belge ou https://www.visavacancestravail.be ou le site français htpps://pvtistes.net
Trois dénominations pour une même activité : voyager et travailler en Australie, au Canada, à Taïwan, en Nouvelle-Zélande et en Corée du Sud.

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Travailler à l’étranger : un plus?

Travailler à l’étranger, un plus pour trouver ensuite un emploi en Belgique ou un véritable engagement à long terme ?

Vous avez envie de travailler à l’étranger alors comment pensez-vous vous organiser ? Comme pour les séjours de vacances, différentes manières d’aborder cette expatriation existent.
Vous êtes plutôt aventurier, vous avez décidé de partir rapidement, de vous lancer sans filet et de chercher un emploi dans le pays de votre choix ou vous êtes intéressé par cette aventure mais avec une bonne préparation et sans partir à l’aveuglette ?
Avant tout, gardez les pieds sur terre. Travailler à l’étranger n’est pas nécessairement une aubaine financière mais sera une expérience déterminante dans la progression de votre carrière professionnelle et sera à prendre en compte si vous voulez, un jour, revenir en Belgique.

Quelles compétences ?

Contrairement aux idées qui circulent sur ce sujet, il n’est pas toujours indispensable d’être bardé de diplômes pour trouver un emploi à l’étranger, une expérience professionnelle, une compétence spécifique dans un domaine, un projet original, des capacités créatives sont aussi d’importants atouts.
Les nouvelles technologies ont changé le travail en équipe même si « l’équipe » est répartie dans plusieurs pays, cela a aussi engendré des missions de plus courte durée qu’il y a quelques années.
Être diplômé ne signifie pas automatiquement que vous allez vous adapter facilement au monde du travail.
En fonction de l’emploi que vous souhaitez obtenir, il vous faudra peut-être acquérir certaines compétences avant de partir, ne serait-ce que l’apprentissage de la langue du pays où vous envisagez de travailler.

Résumé des compétences appréciées par les employeurs autres que les compétences académiques

  • Compétences cognitives : connaissance de terrain, habileté à résoudre les problèmes, capacité de prendre des décisions, aimer apprendre ;
  • Compétences sociales : capacité de travailler en groupe, avec des personnes de culture différente ;
  • Avoir de grandes facultés d’adaptation sur le plan humain et professionnel, pouvoir innover ;
  • AKI-App : cette nouvelle application peut vous aider à définir les compétences clés à mettre en avant dans une candidature.

Résumé d’autres éléments permettant de doper votre CV

  • Avoir un permis de conduire international peut être un élément décisif dans votre candidature. Rendez-vous au Service des permis de conduire de votre administration communale avec votre permis de conduire national belge, européen ou étranger reconnu et en cours de validité, +/- 25€ (le prix exact dépend de chaque administration communale), une photo d’identité récente (de face, couleur ou noir et blanc), la carte d’identité ou l’attestation de perte/vol ;
  • Avoir un permis poids lourd est un bon atout en fonction du type de métier que vous souhaitez exercer ;
  • Avoir un permis bateau peut être aussi très utile. Il y a deux réglementations qui régissent le permis bateau : la législation du pays dont le pilote est originaire et la règle du pavillon ;
  • Si vous avez envie de travailler avec des enfants, en centre de vacances, avoir un brevet d’animateur est indispensable. En Belgique, il existe plusieurs associations qui organisent ces formations ;
  • Les gestes de base à utiliser en cas d’accident sont toujours utiles à connaître, il existe des formations permettant d’obtenir le brevet européen de premiers secours, le brevet de secourisme.

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Démarches avant le départ

Effectuer correctement toutes vos démarches administratives avant votre départ sera la garantie de maintenir vos droits.

Changement d’adresse

  • Vous devez déclarer votre départ à la commune où vous êtes inscrit, au plus tard la veille de votre départ. Si vous ne voulez pas conserver une inscription en Belgique, vous recevrez une attestation de radiation. Votre certificat de radiation vous permettra de vous inscrire à l’ambassade à l’étranger, ce qui facilitera vos démarches administratives. Il est également conseillé de contacter, avant votre départ, le consulat ou l’ambassade belge en vue de vérifier quels documents vous devrez présenter pour vous inscrire dans le pays d’accueil.
  • Si vous pensez résider pour une longue période à l’étranger (+ de 3 mois), vous pouvez être considéré comme temporairement absent et conserver votre inscription en Belgique (maximum 1 an, renouvelable une fois). Si possible, donnez votre adresse à l’étranger à l’administration communale.
  • Un mineur doit faire sa déclaration avec un de ses parents.

Conditions de séjour

Pour certaines questions concernant votre résidence à l’étranger (permis de séjour, impôts locaux, sécurité sociale, choix de l’école des enfants, questions liées à votre compagne, votre compagnon, etc.), vous pourrez vous adresser à l’ambassade du pays où vous allez vivre. La plupart des pays ont une représentation diplomatique en Belgique.

Passeport

Dans de nombreux pays la carte d’identité nationale n’est pas suffisante, il faut donc présenter un passeport. Le passeport belge a une validité de 7 ans pour les personnes majeures et de 5 ans pour les personnes mineures. La demande de passeport est à introduire auprès de votre administration communale. Vous le recevrez dans un délai d’environ 5 jours. Il existe aussi une procédure urgente, le passeport est livré le jour ouvrable suivant celui de la demande à la commune moyennant des frais supplémentaires. Enfin, une procédure très urgente existe également. Elle permet d’obtenir son passeport le jour même, 4h30 après la demande (pour autant que celle-ci ait été envoyée avant 15h30).

Visa

Le visa est demandé pour certains pays en plus du passeport. Renseignez-vous à l’ambassade du pays concerné.

Permis de travail

En dehors de l’Espace économique européen, si vous voulez exercer une activité professionnelle à l’étranger, vous devrez obtenir un permis de travail. Renseignez-vous à l’ambassade du pays concerné.

Allocations de chômage

Depuis le 1er octobre 2016, les conditions sont plus strictes afin que les périodes de travail à l’étranger soient prises en compte pour l’ouverture du droit au chômage.
Le travail effectué à l’étranger n’est pris en considération que dans les limites des conventions bilatérales et internationales et pour autant que le travailleur ait, après le travail effectué à l’étranger, accompli des périodes de travail comme salarié selon la réglementation belge, pendant au moins trois mois.
Auparavant, le travail effectué à l’étranger était pris en considération s’il l’avait été dans un emploi qui aurait donné lieu en Belgique à des retenues pour la sécurité sociale et ce uniquement si le travailleur avait, après le travail effectué à l’étranger, accompli des périodes de travail comme salarié en Belgique.

Le site de la Sécurité sociale internationale « Quitter la Belgique » donne de nombreuses informations sur la sécurité sociale (allocations familiales, mutuelle, chômage, pension) à l’étranger si vous partez travailler, étudier ou vivre à l’étranger.

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Démarches pendant le séjour à l’étranger

Vous pourrez vous inscrire à l’Ambassade belge du pays où vous allez travailler. Votre inscription vous permettra d’obtenir les mêmes services (gestion de votre dossier administratif : carte d’identité, passeport, état civil, nationalité, pension, aide et assistance immédiate) que si vous étiez inscrit dans une administration communale belge. Vous devrez présenter votre formulaire de radiation reçu à l’administration communale belge.
Il faudra prévenir l’ambassade ou le consulat de tout changement d’état civil pour vous ou un membre de votre famille, de tout changement de nationalité, de tout changement d’adresse.

Carte d’identité

A partir de 12 ans, l’enfant reçoit une carte d’identité belge par l’intermédiaire de l’ambassade ou du consulat en remplissant un formulaire qui sera transmis au poste compétent. Cette carte ressemble à celle remise en Belgique, elle est émise dans la langue choisie par la personne et en anglais. Elle a une validité de 6 ans (âge au moment de la demande : entre 12 et 18 ans), 10 ans (entre 18 et 75 ans) et 30 ans (plus de 75 ans).

Une kids-ID existe pour les enfants de moins de 12 ans. Celle-ci est valable 3 ans. Afin de se la procurer auprès de l’ambassade ou du consulat, il faut également envoyer un formulaire.

Elles ne remplacent pas le titre de séjour délivré par les autorités compétentes du pays où vous séjournez.

Permis de travail

Dans un état membre de l’EEE, vous avez un accès libre au travail et donc pas besoin de permis de travail.
Hors Europe, vous devrez probablement obtenir un permis de travail. Renseignez-vous auprès de l’administration compétente du pays où vous vous rendez.

Impôts

En droit belge, il y a deux régimes d’imposition : l’impôt des personnes physiques et l’impôt des non-résidents.
En principe, le pays dans lequel vous travaillez taxe les revenus que vous percevez dans ce pays mais si vous êtes résident fiscal dans un autre pays, le revenu que vous gagnez dans le pays où vous travaillez peut aussi être taxé par le pays où vous avez votre résidence fiscale.
La Belgique a conclu des accords ou conventions avec de nombreux pays pour éviter la double imposition. Ces accords vous permettent de déduire l’impôt payé dans le pays où vous travaillez de l’impôt que vous devez acquitter dans votre pays de résidence fiscale.
Les impôts sont une matière complexe, il est donc prudent de se renseigner à l’administration fiscale avant votre départ.

Pension

Si vous résidez en dehors de l’Espace économique européen, vous pourrez adresser votre demande de pension à l’organisme de pension auquel vous avez été assujetti en dernier lieu.
Si vous résidez dans un pays appartenant à l’EEE, il faut introduire une demande de pension auprès de l’organisme qui, dans le pays de votre domicile, est habilité à réceptionner les demandes de pension.
Si cet organisme étranger constate que vous avez été occupé en Belgique en qualité de travailleur salarié, il avisera l’Office national des pensions de l’existence d’une demande.
Si toutefois, il n’est pas question d’assujettissement au régime de pension du pays de résidence de l’EEE, adressez votre demande à l’organisme du pays de l’EEE au régime de pension duquel il y avait assujettissement en dernier lieu.

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Démarches administratives au retour d’un séjour à l’étranger

Changement d’adresse

Au moment de votre départ, il est dans votre intérêt de signaler votre départ à l’ambassade ou consulat de Belgique dans le pays où vous avez résidé. .

Dans les 8 jours ouvrables de votre retour en Belgique, vous devez faire une déclaration au service de la population de votre nouvelle administration communale.
Après que la commune ait effectivement constaté votre nouvelle résidence principale, vous serez inscrit dans les registres de la population. Le certificat d’inscription est envoyé à la commune de la dernière résidence principale qui transmet le dossier personnel dont elle dispose encore éventuellement à la nouvelle commune d’inscription. La procédure de délivrance d’une nouvelle carte d’identité belge est immédiatement mise en œuvre.

Remboursement des soins de santé

  • Si vous êtes resté affilié à la sécurité sociale belge, il n’y a aucune démarche à faire pour la mutuelle lorsque vous revenez en Belgique
  • Si vous avez participé au Régime Général de la Sécurité sociale d’Outre-mer pendant les six derniers mois, vous êtes dispensé en Belgique du stage en matière de maladie-invalidité (secteur prestations). Si en plus du Régime général, vous avez été couvert par un contrat « Soins de santé » pendant les six derniers mois, vous serez dispensé de tout stage dans votre nouvelle mutuelle belge.

Allocations de chômage

Depuis le 1er octobre 2016, les conditions sont plus strictes pour que les périodes de travail à l’étranger soient prises en compte pour l’ouverture du droit au chômage.
Le travail effectué à l’étranger n’est pris en considération que dans les limites des conventions bilatérales et internationales et pour autant que le travailleur ait, après le travail effectué à l’étranger, accompli des périodes de travail comme salarié en Belgique pendant au moins trois mois.
Vous ne devrez pas effectuer trois mois de travail supplémentaire en Belgique après votre retour si :

  • Vous avez travaillé dans l’UE, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse (et vous y étiez soumis à la sécurité sociale), en conservant votre lieu de résidence habituel en Belgique :
    – Soit vous êtes un travailleur frontalier (vous rentrez tous les jours ou au moins toutes les semaines chez vous)
    – Soit vous résidez temporairement dans un autre pays, vous rentrez chez vous après l’occupation
  • Si vous étiez occupé à l’étranger en tant que salarié détaché (étant donné que, sur le plan de la sécurité sociale, c’est assimilé à du travail belge)

Pour les pays hors Europe, les législations sur la sécurité sociale sont souvent différentes ou n’existent pas, il faut donc vous renseigner à l’ONEM avant votre départ.

Si vous n’avez pas droit aux allocations de chômage, vous pouvez vous rendre dans un CPAS pour obtenir un revenu d’intégration sociale (RIS).

Pension

Voir la page « Quelles démarches pendant le séjour à l’étranger« 

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