L’émancipation

Est-il possible d’être émancipé ?

L’émancipation est une mesure exceptionnelle accordée – très rarement – et uniquement dans les circonstances telles que définies ci-dessous. L’émancipation permet à un mineur d’être assimilé à un majeur de manière anticipée. Cela permet à la personne mineure de poser toute une série d’actes sans le consentement de ses parents.
Un jeune mineur ne pourrait, par exemple, pas demander l’émancipation pour échapper à l’autorité de ses parents afin de pouvoir faire ce qu’il veut ni uniquement parce qu’il y a mésentente entre eux.
Les parents non plus ne pourraient demander l’émancipation de leur enfant mineur à un juge de la famille pour se dégager des devoirs et obligations qu’ils ont envers lui.

Le jeune mineur est soumis à l’autorité de ses parents et ce jusqu’à l’âge de 18 ans.
Cependant, s’il se marie, il sera automatiquement émancipé.
Si le mineur subit des violences familiales, s’il fait preuve d’une maturité suffisante… la loi prévoit des circonstances dans lesquelles il pourrait être émancipé avant sa majorité et par conséquent ne plus être soumis à l’autorité des parents. Il sera alors considéré comme un majeur dans différents domaines.
C’est par une décision du Tribunal de la famille qu’il sera émancipé mais il faudra démontrer l’utilité de son émancipation au juge.

Les textes légaux concernant l’émancipation se trouvent dans le Code civil Titre X, Ch. III.

Conditions

A partir de 15 ans, un mineur peut être émancipé par le Tribunal de la famille.
C’est l’un des deux parents ou les deux parents ou son tuteur ou par le procureur du Roi qui agit à la demande de quiconque qui doit demander son émancipation.
Si la démarche est l’initiative d’un seul parent, l’autre doit être entendu.
L’utilité de l’émancipation devra être prouvée au juge de la famille. Par exemple, les parents ne pourraient pas demander l’émancipation pour se dégager de leurs responsabilités civiles et/ou à leur devoir d’éducation.
Si un des parents est décédé ou si la filiation n’est établie qu’à l’égard d’un des parents, le mineur peut être émancipé si l’autre parent en fait la demande au juge, notamment en raison de sa maturité.
Si un des parents n’accepte pas de faire cette demande, l’émancipation peut être demandée par le procureur du Roi.

Si le mineur est orphelin, il peut également obtenir l’émancipation à condition d’avoir 15 ans accomplis et le consentement du tuteur, si ce dernier estime que le jeune est suffisamment mûr et responsable.
Si le tuteur d’un mineur orphelin ne fait aucune demande d’émancipation, le mineur peut la demander directement au procureur du Roi.

Si le mineur se marie, l’émancipation est automatique.
Chacun des époux majeur est curateur (personne chargée d’assister un mineur émancipé dans certains actes et d’administrer ses biens) de son conjoint mineur et dans le cas où les deux sont mineurs, c’est le juge de la famille qui désigne le curateur.

Ce qui va changer

Si le mineur est émancipé sur décision du Tribunal de la famille, il est assimilé à une personne majeure. Ceci concerne essentiellement ce qu’on appelle “les droits civils”. Il n’est, notamment, plus soumis à l’autorité parentale.
Cependant, s’il commet une infraction, il sera toujours considéré comme mineur et renvoyé devant le Tribunal de la jeunesse.

Il pourra

• Changer de domicile et conclure un bail locatif (de moins de 9 ans).
• Accomplir tous les actes administratifs.
• Percevoir ses revenus.
• Recevoir les allocations familiales, s’il a des frères et soeurs, elles sont recalculées au taux d’un premier enfant et, par conséquent, beaucoup moins élevées.

Il ne pourra pas

• Quitter l’école : le mineur émancipé par le Tribunal de la famille reste soumis à l’obligation scolaire.
• Faire un emprunt ou vendre un immeuble. Il faut l’autorisation du juge de paix.
• Utiliser son capital, acheter ou vendre des titres. Il faut que le Tribunal de la famille désigne un curateur (personne chargée d’assister un mineur émancipé dans certains actes et d’administrer ses biens).
Le mineur émancipé incapable d’administrer sa personne sera mis sous tutelle jusqu’à sa majorité et ne bénéficiera plus de son émancipation.

MAJ 2021