La loi et la sexualité

La réforme du droit pénal sexuel est entrée en vigueur le 1er juin 2022. Elle est portée par la loi du 21 mars 2022 modifiant le Code pénal en ce qui concerne le droit pénal sexuel

Cette réforme introduit explicitement la notion de consentement en le définissant.

Ainsi, « le consentement suppose que celui-ci a été donné librement. Ceci est apprécié au regard des circonstances de l’affaire. Le consentement ne peut pas être déduit de la simple absence de résistance de la victime. Le consentement peut être retiré à tout moment avant ou pendant l’acte à caractère sexuel. Il n’y a pas de consentement lorsque l’acte à caractère sexuel a été commis en profitant de la situation de vulnérabilité de la victime due notamment à un état de peur, à l’influence de l’alcool, de stupéfiants, de substances psychotropes ou de toute autre substance ayant un effet similaire, à une maladie ou à une situation de handicap, altérant le libre arbitre. En tout état de cause, il n’y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel résulte d’une menace, de violences physiques ou psychologiques, d’une contrainte, d’une surprise, d’une ruse ou de tout autre comportement punissable. En tout état de cause, il n’y a pas de consentement lorsque l’acte à caractère sexuel a été commis au préjudice d’une victime inconsciente ou endormie » (article 417/5)

La réforme fait expressément mention de situations dans lesquelles le mineur d’âge n’est jamais réputé avoir la possibilité d’exprimer librement son consentement, notamment dans le cas d’inceste : « Un mineur n’est jamais réputé avoir la possibilité d’exprimer librement son consentement si :

1° l’auteur est un parent ou un allié en ligne directe ascendante, ou un adoptant, ou un parent ou un allié en ligne collatérale jusqu’au troisième degré, ou toute autre personne qui occupe une position similaire au sein de la famille, ou toute personne cohabitant habituellement ou occasionnellement avec le mineur et qui a autorité sur lui, ou si
2° l’acte a été rendu possible en raison de l’utilisation, dans le chef de l’auteur, d’une position reconnue de confiance, d’autorité ou d’influence sur le mineur, ou si
3° l’acte est considéré comme un acte de débauche ou un acte de prostitution » (article 417/6).

La majorité sexuelle

En Belgique, la code pénal (article 417/6) fixe la majorité sexuelle à 16 ans. Cela signifie qu’avant cet âge, il est considéré que le mineur ne peut consentir à un rapport sexuel. Dès lors, à partir de cet âge-là, un mineur peut entretenir une relation sexuelle hétérosexuelle ou homosexuelle sans que cela ne soit punissable.

Cette présomption de non consentement entraine pour conséquence que si une personne majeure entretien une relation sexuelle avec un mineur de moins de seize ans, ce sera automatiquement considéré comme étant un viol.

Il s’agit là d’un changement important découlant de la réforme du code pénal en ce qui concerne les relations sexuelles des mineurs de plus de 14 ans et de moins de 16 ans. Auparavant, une personne ayant des relations sexuelles avec un mineur consentant entre 14 et 16 ans n’était pas passible d’une condamnation pour viol, mais d’une condamnation pour attentat à la pudeur. Désormais, il y aura viol chaque fois que des relations sexuelles ont lieu avec un mineur de moins de 16 ans, même âgé de plus de 14 ans.

Toutefois, la loi prévoit quelques exceptions dans l’objectif de rencontrer un équilibre entre autodétermination sexuelle et protection des mineurs.

Premièrement, « un mineur qui a atteint l’âge de quatorze ans accomplis mais pas l’âge de seize ans accomplis, peut consentir librement si la différence d’âge avec l’autre personne n’est pas supérieure à trois ans. Il n’y pas d’infraction entre mineurs ayant atteint l’âge de quatorze ans accomplis qui agissent avec consentement mutuel lorsque la différence d’âge entre ceux-ci est supérieure à trois ans » (article 417/6). Donc une personne de quatorze ans pourrait avoir une relation sexuelle avec une personne de 17 ans, mais pas plus. Sinon, ce sera considéré, aux yeux de la loi, comme étant un viol.

Deuxièmement, si une personne majeure entretient un rapport sexuel avec un mineur cela sera considéré comme un viol à moins que l’écart entre les deux personnes soient égal ou inférieur à 3 ans. Par exemple, une personne de 18 ans pourrait avoir une relation sexuelle avec un mineur de 15 ans, mais pas moins.

Attention, la majorité civile est toutefois bien fixée à 18 ans. Cela signifie qu’entre 16 et 18 ans, un mineur peut avoir des relations sexuelles mais il est toujours mineur civilement et donc soumis à l’autorité parentale. Celle-ci permet notamment aux parents d’avoir, au moins théoriquement, un contrôle sur les relations de leur enfant.

Les actes à caractère sexuels non consentis

A. L’atteinte à l’intégrité sexuelle

Article 417/7 : « L’atteinte à l’intégrité sexuelle consiste à accomplir un acte à caractère sexuel sur une personne qui n’y consent pas, avec ou sans l’aide d’un tiers qui n’y consent pas, ou à faire exécuter un acte à caractère sexuel par une personne qui n’y consent pas.

Est assimilé à l’atteinte à l’intégrité sexuelle le fait de faire assister une personne qui n’y consent pas à des actes à caractère sexuel ou à des abus sexuels, même sans qu’elle doive y participer. »

B. Le voyeurisme

Art. 417/8 : « Le voyeurisme consiste à observer ou faire observer une personne ou réaliser ou faire réaliser un enregistrement visuel ou audio de celle-ci,

– directement ou par un moyen technique ou autre ;
– sans le consentement de cette personne ou à son insu ;
– alors que cette personne est dénudée ou se livre à une activité sexuelle explicite ; et
– alors que cette personne se trouve dans des circonstances où elle peut raisonnablement considérer qu’elle est à l’abri des regards indésirables.

Par personne dénudée, on entend la personne qui, sans son consentement ou à son insu, montre une partie de son corps, laquelle, en raison de son intégrité sexuelle, aurait été gardée cachée si cette personne avait su qu’elle était observée ou faisait l’objet d’un enregistrement visuel ou audio. » 

C. La diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel

Art. 417/9 : « La diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel consiste à montrer, rendre accessible ou diffuser du contenu visuel ou audio d’une personne dénudée ou d’une personne qui se livre à une activité sexuelle explicite sans son accord ou à son insu, même si cette personne a consenti à leur réalisation. »

Dans le langage courant, on parle de « revenge porn ».

D. Le viol

L’art. 417/11 du nouveau code pénal définit le viol en ces termes : « On entend par viol tout acte qui consiste en ou se compose d’une pénétration sexuelle de quelque nature et par quelque moyen que ce soit, commis sur une personne ou avec l’aide d’une personne qui n’y consent pas. Cette infraction est punie de la réclusion de dix ans à quinze ans ».

E. Sanctions

Les actes à caractère sexuel non consentis commis au préjudice d’un mineur de moins de seize ans accomplis sont punis comme suit :

– l’atteinte à l’intégrité sexuelle est punie de la réclusion de quinze ans à vingt ans ;
– le voyeurisme est puni de la réclusion de dix ans à quinze ans ;
– la diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel est punie de la réclusion de quinze ans à vingt ans ;
– la diffusion non consentie avec une intention méchante ou dans un but lucratif de contenus à caractère sexuel est punie de la réclusion de quinze ans à vingt ans et d’une amende de deux cents euros à dix mille euros ;
– le viol est puni de la réclusion de vingt ans à trente ans.

Les actes à caractère sexuel non consentis commis au préjudice d’un mineur de plus de seize ans accomplis sont punis comme suit :

– l’atteinte à l’intégrité sexuelle est punie de la réclusion de dix ans à quinze ans ;
– le voyeurisme est puni de la réclusion de cinq ans à dix ans ;
– la diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel est punie de la réclusion de dix ans à quinze ans ;
– la diffusion non consentie avec une intention méchante ou dans un but lucratif de contenus à caractère sexuel est punie de la réclusion de dix ans à quinze ans et d’une amende de deux cents euros à dix mille euros ;
– le viol est puni de la réclusion de quinze ans à vingt ans.

Exploitation sexuelle des mineurs

Une avancée de la réforme de 2022 consiste dans le fait que le législateur regroupe dans une seule et même section l’ensemble des dispositions relatives à l’exploitation sexuelle des mineurs.

Cette nouvelle section regroupe dorénavant les comportements infractionnels suivants :

  • L’approche de mineurs à des fins sexuelles ;
  • La débauche de mineurs et la prostitution enfantine ;
  • Les images d’abus sexuels de mineurs (pédopornographie).

A. L’approche de mineurs à des fins sexuelles

Art. 417/24 : L’approche d’un mineur à des fins sexuelles.
– « l’approche d’un mineur à des fins sexuelles consiste à proposer, par quelque moyen que ce soit, une rencontre à un mineur dans l’intention de commettre une infraction visée au présent chapitre, si cette proposition a été suivie d’actes matériels pouvant conduire à la dite rencontre. »
– « Cette infraction est punie d’un emprisonnement de trois ans à 5ans »

B. La débauche de mineurs et la prostitution enfantine

Articles 417/25 à 417/42.
Ces articles traitent :

  • de l’incitation d’un mineur à la débauche ou la prostitution
  • du recrutement d’un mineur à des fins de débauche ou de prostitution,
  • de la tenue d’une maison de débauche ou de prostitution où un mineur se livre à la débauche ou à la prostitution,
  • de la mise à disposition d’un local à un mineur à des fins de débauche ou de prostitution,
  • de l’exploitation de la débauche ou de la prostitution d’un mineur,
  • de l’obtention de la débauche ou de la prostitution d’un mineur (pénalisation du client),
  • de l’organisation de la débauche ou de la prostitution d’un mineur en association,
  • du fait d’assister à la débauche ou à la prostitution d’un mineur,
  • de la publicité pour la débauche et la prostitution d’un mineur,
  • de l’incitation à la débauche ou à l’exploitation de la prostitution d’un mineur en public ou par un moyen quelconque de publicité,
  • de la confiscation de l’instrument de l’infraction.

C. Les images d’abus sexuels de mineurs

Art. 417/43 : « La définition d’images d’abus sexuels de mineurs »
On entend par images d’abus sexuels de mineurs :

  • tout matériel représentant de manière visuelle, par quelque moyen que ce soit, un mineur se livrant à un comportement sexuellement explicite, réel ou simulé, ou représentant les organes sexuels d’un mineur à des fins principalement sexuelles ;
  • tout matériel représentant de manière visuelle, par quelque moyen que ce soit, une personne qui paraît être un mineur se livrant à un comportement sexuellement explicite, réel ou simulé, ou représentant les organes sexuels de cette personne, à des fins principalement sexuelles ;
  • des images réalistes représentant un mineur qui n’existe pas, se livrant à un comportement sexuellement explicite, ou représentant les organes sexuels de ce mineur à des fins principalement sexuelles. ».

Porter plainte

La prescription est un concept général de droit qui désigne la durée au-delà de laquelle une action en justice n’est plus recevable. Cela signifie qu’une victime dispose d’un certain délai pour porter plainte.

Depuis le 30 décembre 2019, lorsqu’une infraction sexuelle grave a été commise sur une personne mineure, ces infractions sont imprescriptibles : les auteurs de telles infractions pourront être poursuivis à tout moment.

Les délais de prescription restent d’application pour les infractions commises à l’encontre des personnes majeures. Pour le viol, le délai de prescription est de 10 ans à dater de la commission de l’infraction, 15 ans si la victime est décédée.

Contacts utiles

Si tu es victime ou témoin de violences sexuelles, n’hésite pas à demander de l’aide. Voici quelques contacts :

  • Centres de planning familial  : la liste des centres de planning familial agréés en Wallonie et à Bruxelles
  • Child Focus : 116 000. Child Focus est compétent en cas d’abus sexuel, d’exploitation sexuelle, de revenge porn…
  • Maintenant j’en parle : tchat d’aide aux victimes d’abus sexuel
  • La ligne téléphonique Ecoute-Enfant : 103 (24 heures sur 24). Numéro d’appel gratuit à destination des jeunes pour parler, pour être écouté, dans l’anonymat
  • Centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles : offre des soins multidisciplinaires aux victimes de violences sexuelles et des conseils aux personnes de soutien
  • SOS Viol : accompagnement dans les démarches médicales, sociales, psychologiques

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MAJ 2025




Histoire du Sida

Quelles sont les origines du Sida ?

Les premiers cas suspects de Sida ont été observés aux Etats-Unis au début des années 1980. L’information a atteint le grand public via un article publié dans le “ New York Times ” du 3 juillet 1981. C’est au sein de la communauté homosexuelle qu’apparurent les premiers symptômes épidémiologiques indiquant que la maladie, pas encore nommée, est transmissible par voie sexuelle. Ces symptômes sont surtout des affections pulmonaires (pneumonie à pneumocystis), une infection buccale grave (le Muguet), parfois la leucémie, l’amaigrissement et surtout une importante diminution de l’immunité naturelle (virus de l’immunodéficience humaine, soit le VIH).

Dès 1982, les chercheurs scientifiques découvrirent que la transmission du VIH pouvait se faire également par le sang, surtout lors de transfusions sanguines. Il n’atteint donc pas que les homosexuels et les toxicomanes. Ce virus du VIH provoque le Sida, celui-ci étant le stade actif de la maladie. Fin 1981, un premier cas est signalé en France. En 1982, le Sida a touché 251 Américains dont 99 sont décédés. Les premiers cas sont identifiés en Belgique chez des malades venus de République démocratique du Congo. Les chercheurs pensent qu’avec l’Indépendance du Congo en 1960, les changements intervenus dans la société ont entraîné la propagation du virus de petits groupes de personnes séropositives vers des populations plus étendues à la fin des années 1970.

Très vite, on parlera d’épidémie car tous les continents sont atteints. Tous les grands laboratoires de recherche scientifique internationaux se mobilisent pour définir et tenter de circonscrire la maladie dont l’Institut Pasteur à Paris et l’équipe du Dr Montagnier qui feront énormément avancer la recherche. Mais des traces anciennes permettent aujourd’hui de supposer que la maladie est restée inconnue bien longtemps. Les premières preuves tangibles remontent à 1950 (l’analyse en 1983 du sérum d’un homme mort au Congo en 1950 révèle l’existence du VIH) et l’on peut penser que ce virus a toujours existé mais s’est manifesté sous d’autres formes (Sarcome de Kaposi : grave maladie de la peau, découverte par ledit Kaposi en 1872, le virus de l’Herpès). Une épidémie de sarcome de Kaposi se répandit au Congo et en Ouganda en 1930, deux pays où l’épidémie du sida est aujourd’hui endémique.

En 1985, les premiers tests de dépistage furent mis au point et testés, de même que le criblage systématique du sang destiné à la transfusion et à la fabrication de produits sanguins fut réalisé après le scandale du sang contaminé en France.
Dès 1986, vu la gravité de la situation dans le monde, le 1er décembre a été décrété « Journée Mondiale du SIDA » par l’OMS.
Les premières lueurs d’espoir pour les malades arrivèrent avec la découverte d’une molécule antivirale : l’AZT.
En 1989, 138 souches différentes de HIV ont été recensées. En 1990, le nombre estimé de malades du SIDA dans le monde est de 1 million.

Aujourd’hui, personne ne sait encore avec certitude d’où viennent ces souches du virus de l’immunodéficience humaine. De nombreuses théories ont circulé mais aucune d’entre elles n’a été prouvée ou réfutée inconditionnellement.

Comment s’est propagé le Sida ?

Le VIH s’est rapidement propagé par les modes connus de contamination : lors des rapports sexuels (homo-bi et hétérosexuels, multipartenaires…), contacts sanguins (seringues contaminées qu’on s’échange par exemple), transfusions, par voie “materno-fœtale”.

La libération des mœurs des années 60-70, dans les pays occidentaux, a certainement permis sa propagation, tout comme la “mobilité” accrue des populations par les voyages et la multiplication des contacts humains intercommunautaires.

Dans d’autres régions du monde, la polygamie, mais aussi la prostitution ou le manque d’hygiène souvent dû à des situations économiques lamentables, ont pu favoriser sa propagation. Dans certains pays, de très jeunes filles et femmes se prostituent sans se protéger par pure nécessité pour survivre ou pour soutenir leur famille.

On a dit que le virus est apparu chez le singe et aurait été transmis à l’homme. Le VIH a-t-il toujours existé ?

De nombreuses personnes et scientifiques pensent que le VIH était au départ une maladie animale qui aurait été transmise à l’homme. Ce passage se produit parfois dans la nature ; c’est le cas de beaucoup d’autres maladies animales, tel le virus d’Ebola.
Selon cette théorie, le VIH pourrait provenir de certains types de singes ou de chimpanzés. Certains virus qui touchent les singes, appelés virus de l’immunodéficience simienne (SIV) sont étroitement liés au VIH. Des chercheurs pensent qu’un de ces virus aurait pu se transformer en VIH, qu’en chassant et en mangeant des chimpanzés, les humains auraient pu le contracter. Les chercheurs des universités britanniques d’Oxford et belges de Louvain pensent qu’entre les années 1920 et 1950, l’urbanisation rapide, la construction des chemins de fer en République démocratique du Congo, les changements dans le commerce du sexe ont favorisé l’émergence et la propagation du Sida à partir de Kinshasa.

1981 : une date butoir dans l’histoire du Sida ?

Cette année-là, les scientifiques du monde entier se sont aperçus de la corrélation entre diverses manifestations du virus et surtout de la déficience immunitaire généralisée chez tous les malades atteints. Ils se sont alors concertés (pas toujours avec bienveillance au niveau de la concurrence entre laboratoires, firmes pharmaceutiques, pays…) pour lutter et découvrir les souches de ce mal qui envahissait la planète. Le diagnostic put être établi petit à petit, au cours des découvertes et des recherches poursuivies. Fin 1981, les premières données épidémiologiques indiquaient que le SIDA était une maladie infectieuse transmissible par voies sexuelles et sanguines. Depuis, ce fut la mobilisation générale dans le milieu médical, dans le monde scientifique puis politique. D’énormes moyens techniques et financiers furent dégagés. Des hôpitaux importants ont créé des services spécialisés, tant pour la recherche que pour traiter les patients. La recherche d’un vaccin, encore inconnu aujourd’hui, s’intensifia des deux côtés de l’Atlantique. Les campagnes d’information et de sensibilisation du grand public virent le jour.

Depuis quand peut-on parler d’une « épidémie pandémique » ?

L’ampleur de la crise du SIDA est toujours bien présente et de nombreux pays connaissent de graves épidémies de VIH/SIDA.

En Belgique, d’après la Plate-forme prévention sida, au cours de l’année 2019, 923 infections par le VIH ont été diagnostiquées en Belgique, soit 2,5 diagnostics par jour.

Depuis 3 années consécutives, le nombre de cas diagnostiqués est en augmentation en Belgique. En 2023, 665 nouveaux diagnostics d’infections par le VIH ont été établis. Parmi ceux-ci, 70% étaient des hommes. 76% des cas de VIH ont été diagnostiqués chez des personnes âgées de 20 à 49 ans.

Les taux de diagnostics du VIH les plus élevés chez les hommes sont observés dans l’arrondissement de Bruxelles, suivi de l’arrondissement d’Anvers et chez les femmes, également à Bruxelles, suivie des arrondissements d’Arlon et d’Anvers.

En 2023, Sciensano a estimé que le nombre de personnes vivant avec un VIH non diagnostiqué en Belgique était de 1325 personnes. Depuis 2011, le nombre estimé de personnes avec une infection par le VIH non diagnostiquée semble diminuer de manière constante.

Sources : https://preventionsida.org/wp-content/uploads/2024/11/Rapport_VIH_2024_fr_final.pdf

Les dernières statistiques mondiales sur l’état de l’épidémie du sida en VIH indique que :

  • 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2024 ;
  • 1,3 million de personnes sont devenues nouvellement infectées par le VIH en 2024 ;
  • 630.000 personnes sont décédées de maladies liées au sida en 2024 ;
  • Fin décembre 2024, 31,6 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale.

(Données statistiques : Onusida)

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Autres IST

La chancrelle ou chancre mou

C’est une IST (infection sexuellement transmissible) provoquée par une bactérie : le bacille de Ducrey. Elle est très contagieuse. Elle apparaît sous la forme d’un ulcère, en général sur la verge ou la vulve.

L’infection se transmet lors des relations sexuelles vaginales, orales ou anales avec une personne infectée, contagieuse même s’il n’y a pas eu pénétration. Elle sera traitée par antibiotiques.

Les mycoses vaginales

Ce sont des infections dues à des champignons présents dans l’organisme, elles sont très fréquentes chez les femmes. Elles se manifestent principalement par des pertes vaginales anormales, démangeaisons, douleurs au niveau du vagin.

L’infection est due à un champignon déjà présent dans l’organisme, mais l’infection peut se transmettre aussi lors de rapports sexuels (pendant la période d’infection). La personne infectée est donc contagieuse à son tour.

Même si elles sont moins graves que les autres IST, il est important qu’elles soient traitées par un traitement oral (capsules ou comprimés) ou local (crème à appliquer sur les muqueuses ou petit œuf en crème à introduire par voie vaginale pour les femmes). N’hésitez donc pas à consulter un médecin qui fera un diagnostic et vous prescrira si nécessaire un traitement adéquat.

Trichomonase

C’est une IST provoquée par des parasites microscopiques au niveau du vagin, de la vessie ou du col de l’utérus.

Elle se transmet essentiellement par les rapports sexuels vaginaux non protégés avec une personne infectée mais le germe peut survivre dans les serviettes de toilette, les sièges de toilette, les maillots de bain humides.

Elle se manifeste sous forme de pertes vaginales chez la femme et d’écoulement pénien chez l’homme. La femme peut aussi ressentir des douleurs pendant les rapports sexuels ainsi que des démangeaisons et des sensations de brûlures. Le médecin vous prescrira des antibiotiques.

Autres

La gale (causée par des acariens parasites présents sous la peau), les poux pubiens (aussi appelés « morpions »), la cystite (infection urinaire) sont aussi parfois classés dans les IST bien que ces maladies ne soient pas uniquement transmises lors des rapports sexuels.

Les informations ci-dessus n’ont pas la prétention d’être des informations médicales, mais de vous renseigner au mieux sur les IST qui sont souvent des maladies peu connues. En cas de doute, il faut consulter un médecin ou vous rendre dans une maison médicale ou un planning familial.

Voir aussi :

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Informations sur le VIH

Qu’est-ce que le sida ?

Le sida (initiales de Syndrome d’Immunodéficience Acquise) est provoqué par un virus appelé VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) qui s’introduit dans certaines cellules du sang jouant un rôle important dans la défense immunitaire du corps. Celui-ci perd ses défenses naturelles qui habituellement le préservent contre les atteintes des microbes.

Quand on est infecté par le VIH, on est séropositif et on le reste toute sa vie au stade des traitements actuels. Si une personne séropositive n’a pas de traitement, elle pourra être malade du sida (qui est le stade ultime de l’infection du VIH), dans les 10 à 15 ans après l’infection. Les personnes atteintes du sida sont toutes séropositives, mais les personnes séropositives ne sont pas toutes atteintes du sida.

Le sida est une infection sexuellement transmissible (IST) comme les hépatites, l’HPV (cancer du col utérin), la syphilis, l’herpès, etc. La plupart des IST guérissent rapidement si elles sont soignées à temps.

Actuellement, on distingue deux types de VIH : le VIH-1 et le VIH-2. Le VIH-1 est le virus majoritaire dans le monde. Le VIH-2 se retrouve surtout en Afrique de l’ouest, il est moins pathogène que le VIH-1 dont il est cousin mais très différent génétiquement. De ces deux types de VIH, il existe plusieurs souches du sida ce qui en fait sa complexité et engendre de grandes difficultés quant à la mise au point d’un vaccin.

Dans le corps, le virus du sida se trouve partout dans les liquides organiques donc dans le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel.

Comment se transmet le VIH ?

Le VIH et les IST se transmettent essentiellement de 3 façons : rapports sexuels non protégés (pénétration vaginale ou anale sans préservatif), transmission sanguine (notamment lors de l’utilisation d’aiguilles ou de seringues non stérilisées), transmission de la mère séropositive à l’enfant (pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement).

Il y a de très faibles risques de transmission lors d’une fellation ou d’un cunnilingus sauf si l’un des partenaires présente des blessures importantes dans la bouche.

Modes de transmission du VIH
OUI, il y a risque de transmission du virus NON, il n’y a aucun risque de transmission du virus
Pénétration vaginale Oui, risque important  
Pénétration anale Oui, risque important  
Partage de seringues Oui, risque important  
Fellation Oui, risque modéré pour la personne qui fait la fellation et pour la personne qui la reçoit, si blessures importantes dans la bouche, si éjaculation dans la bouche  
Grossesse, accouchement, allaitement Oui transmission mère/enfant : durant la grossesse (contamination par voie sanguine), pendant l’accouchement (par voie sanguine et par les secrétions vaginales) et l’allaitement (par le lait maternel). Un accompagnement médical adapté, permet aux mères séropositives de donner naissance à un enfant non contaminé  
Cunnilingus Il existe un risque exceptionnel de transmission à la personne qui fait le cunnilingus; si lésions buccales ou pendant les règles  
Utilisation d’un godemiché ou d’un autre objet sexuel Il y a un risque uniquement s’il a été utilisé par plusieurs personnes et qu’il n’est pas recouvert d’un préservatif  
Anulingus   Non. Aucun cas de transmission du Sida mais il y a risque de transmission des autres IST et de l’hépatite A
Circoncision   Non sauf si le matériel utilisé pour l’intervention chirurgicale n’est pas stérilisé
Piercing, tatouage   Non sauf si le matériel utilisé n’est pas stérilisé
Don de sang, transfusion   Non, en principe il n’y a plus de risques de contamination dans nos pays (sauf si matériel non stérilisé)
Soins dentaires   Non (sauf si matériel non stérilisé mais plus de risques en ce qui concerne la transmission d’autres IST)
Baisers, caresses, masturbation   Non
Moustiques, animaux domestiques   Non
Se prendre dans les bras, se serrer la main, boire dans le même verre   Non
Partager le rasoir d’une personne infectée Oui, sauf si le rasoir est stérilisé

 

Une personne séropositive est-elle pour autant malade du sida ?

Pas forcément.

Quand une personne séropositive est contaminée par le VIH, elle peut avoir très peu de symptômes (état grippal les 15 premiers jours qui suivent la contamination) pendant des années et vivre normalement mais le virus se développe dans son corps et détruit petit à petit les défenses immunitaires. Le virus VIH vit aux dépens des cellules humaines, les attaque et détruit les globules blancs qui protègent des infections. Il détruit particulièrement les lymphocytes T4 : cellules du système immunitaire dont la prolifération permet de diriger et d’activer d’autres cellules de l’immunité, comme les lymphocytes B, pour éliminer un pathogène. Ces cellules protègent le corps contre les maladies et infections.

Il existe des traitements antirétroviraux (ARV) qui permettent à une personne séropositive de contrôler le virus et d’éviter de développer le sida. En d’autres termes, le sida est le stade le plus avancé de l’infection par le VIH, mais il n’est pas inévitable. Le sida ne se développe qu’en l’absence de traitement ou si le traitement est initié trop tardivement. Une personne vivant avec le VIH peut avoir une espérance de vie similaire à celle d’une personne non infectée, à condition de suivre correctement son traitement.

En cas d’absence de traitement, la transition vers le stade sida est liée à l’apparition d’infections opportunistes (dues à des germes habituellement peu agressifs mais qui sont susceptibles de provoquer de graves complications en affectant des personnes ayant un système immunitaire très affaibli), de certains cancers et d’infections neurologiques.

Actuellement, on sait que, sans traitement, la majorité des personnes contaminées développent des complications de l’infection VIH ou un SIDA entre 10 et 15 ans après leur contamination. Les personnes séropositives doivent donc être suivies médicalement.

Quels sont les symptômes du sida ?

La plupart des personnes infectées ne manifestent pas de symptômes directement après leur infection et ne savant donc pas qu’elles sont contaminées. Les premiers troubles sont variables d’une personne à l’autre et font en général penser à la grippe : problèmes de peau, perte de poids, apparition de ganglions, fièvres et diarrhées inexpliquées et apparition d’infections graves dites « opportunistes » car elles profitent de l’effondrement du système immunitaire (infections virales ou parasitaires, certains cancers ou lymphomes, pneumonies).

Le système immunitaire est attaqué par le virus VIH, c’est à dire qu’il va fonctionner beaucoup moins bien, certaines infections et troubles vont apparaître. Il est important de noter qu’il n’y a pas automatiquement de symptômes.

Actuellement, grâce aux traitements antiviraux, on arrive à contrôler la réplication du virus et donc à éviter cet effondrement du système immunitaire. Ces traitements permettent même de restaurer certaines fonctions du système immunitaire. Actuellement, il y a donc de moins en moins d’affections opportunistes dans les pays où les traitements sont disponibles.

Y a-t’il un risque de surcontamination lorsqu’on est déjà contaminé par le sida ?

Il y a peu de risque de surcontamination pour les personnes séropositives. Cela reste exceptionnel. En théorie, la surcontamination peut survenir lorsque deux personnes séropositives ont des relations sexuelles non protégées entre elles, l’une pourrait transmettre à l’autre une souche virale plus virulente du SIDA.

Sources : https://preventionsida.org et https://www.sciensano.be/fr/sujets-sante/vih-et-sida#qu-est-ce-que-le-sida-.

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Les premières fois

Une relation sexuelle n’est pas une sorte de gymnastique physique ou un acte purement technique, mais un épanouissement de sa sensualité, de la connaissance de son corps et de celui de son partenaire. Partir à la découverte de son corps et de son(ses) plaisirs, c’est emprunter différents chemins, chercher les nuances, apprendre à découvrir son plaisir quelle que soit la manière dont on atteint l’orgasme.

La 1ère fois que vous aurez une relation sexuelle avec un·e partenaire, vous découvrirez certaines sensations inconnues. Elle vous apportera beaucoup de plaisir ou un peu de déception mais au fur et à mesure vos relations sexuelles vont évoluer et vous connaîtrez mieux votre corps, et ce qui vous apporte du plaisir (ainsi qu’à votre partenaire).

Comment savoir si je suis prêt·e à avoir une relation sexuelle ?

Lorsque vous découvrez la sexualité, il est normal que vous ayez des craintes, des doutes, etc. Vous pouvez aussi ne pas vous sentir prêt·e à cause de différents éléments : vos convictions religieuses, la peur d’être enceinte, le manque de confiance en soi ou en son/sa partenaire, etc.

A vous d’y réfléchir, de prendre des décisions personnelles et d’en discuter avec votre partenaire. Ne vous laissez pas intimider par le fait que votre partenaire a déjà eu des relations sexuelles avant vous. Ne cédez pas à « l’urgence » et à l’excitation que vous ressentez à l’idée de vivre votre première expérience sexuelle.

La sexualité ça s’apprend, il faut donc prendre son temps et ne pas se précipiter. Gardez à l’esprit que c’est un moment important dans votre vie de jeune adolescent·e qui influencera la suite de votre vie, alors autant faire en sorte de démarrer cette nouvelle expérience sur de bonnes bases.

D’abord, évitez de faire ça dans de mauvaises conditions, par exemple après une soirée, lorsque vous avez bu trop d’alcool ou fumé un joint et que vous n’avez plus les idées très claires. Ces conditions risquent fort de diminuer votre concentration et vous risquez alors de prendre des risques inutiles comme oublier de mettre un préservatif ou de prendre un autre moyen contraceptif. De plus, si vous êtes dans un état second, vous ferez peut-être des choses que vous regretterez par la suite (par exemple : faire l’amour avec une personne que vous n’aimez pas).

Il est aussi important de bien se connaître (ses envies, ses désirs, etc.) avant d’avoir des rapports sexuels et ne pas le faire contre son gré. En effet, vous pouvez être prêt·e physiquement mais pas dans votre tête et vice-versa.

L’amour et faire l’amour ne doivent pas obligatoirement coexister. On peut avoir des relations sexuelles sans amour et aimer quelqu’un sans avoir de relations sexuelles, par exemple à cause de ses convictions.

Accepter son corps tel qu’il est et accepter que l’autre le découvre permettra de se sentir plus en confiance et de mieux s’épanouir lors des relations sexuelles, de prendre des initiatives, de guider son partenaire vers ce qui lui procure du plaisir.

Le choix du partenaire est aussi important car c’est avec lui/elle que vous allez découvrir votre sexualité. Avec le temps, toutes ces expériences devraient permettre de vous forger votre propre conception de la relation sexuelle et vous découvrirez qu’il y a des pratiques que vous aimez plus que d’autres par exemple.

Consentement

Le consentement est un aspect fondamental de la sexualité. Le consentement est l’accord libre et éclairé donné à son ou sa partenaire au moment d’avoir une activité sexuelle.

Pour exister, le consentement doit être :

  • Libre : céder face à l’insistance, la pression ou le chantage n’est pas consentir.
  • Éclairé : si l’une des personnes ment ou dissimule ses intentions (par exemple : elle prévoit un rapport non protégé), il n’y a pas de consentement. Une personne endormie, inconsciente, sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants ne peut pas donner son consentement.
  • Enthousiaste : l’absence de refus direct ou indirect, ne vaut pas consentement. La question n’est pas de savoir si la personne dit « non », mais si elle exprime un grand « oui » !
  • Révocable : on peut changer d’avis à n’importe quel moment de la relation sexuelle. Le consentement doit être présent à chaque étape et à chaque fois.
  • Spécifique : consentir à une chose (par exemple à des caresses) n’implique pas un consentement à aller plus loin. En cas de doute, il vaut mieux t’arrêter et poser la question à ton ou ta partenaire ! Et si le doute persiste, arrêter.

Le plaisir sexuel

La sexualité peut se vivre de très nombreuses manières : plaisir solitaire (masturbation), avec un ou plusieurs partenaires, avec un partenaire du même ou d’un autre sexe. Les baisers, les caresses, les mots doux, etc. sont toutes des choses qui stimulent le plaisir avant et pendant la relation sexuelle. L’orgasme est le point culminant du plaisir sexuel, c’est une jouissance intense accompagnée de spasmes musculaires. Il s’accompagne de manifestations physiques : la lubrification du vagin (se fait en général naturellement mais on peut aussi avoir recours à un gel lubrifiant) chez la femme et l’éjaculation du sperme chez l’homme. Mais aussi de manifestations psychiques : sentiment de satisfaction, impression de bien-être général. Chez la femme l’orgasme n’est pas toujours atteint au terme du rapport sexuel car le plaisir sexuel de la femme est atteint par la stimulation du clitoris et/ou du vagin. Cela signifie qu’il faut prendre plus de temps et stimuler ce plaisir qui est totalement différent de celui de l’homme. L’orgasme ou plutôt les orgasmes sont très différents d’une personne à l’autre dans la façon de se déclencher, de les ressentir, dans leurs intensités. Il ne se déclenche pas nécessairement en même temps chez les deux partenaires.

Le désir sexuel est souvent orienté vers le partenaire mais il peut aussi être stimulé par des fantasmes qui se forment à partir de son imagination, de lectures ou de films érotiques. Tous nos fantasmes ne se réalisent pas et ne doivent pas nécessairement l’être.

Déçu·e …

Il peut arriver que le premier rapport sexuel ne soit pas à la hauteur de ce qu’on avait imaginé et que vous soyez déçu·e ou même « dégoûté·e » ou simplement parce que ce n’était pas la première fois pour votre partenaire contrairement à vous. L’important, c’est que vous vous demandiez pourquoi ça n’a pas été afin que ça se passe mieux la prochaine fois, n’hésitez donc pas à en discuter avec votre partenaire. Vous pouvez aussi en discuter avec des ami·es qui eux/elles ont un autre vécu de la sexualité et ainsi échanger vos impressions.

Respecter son/sa partenaire

Dans les mots relation sexuelle, il y a « relation », c’est à dire le lien existant entre deux ou plusieurs personnes. Pensez donc à tenir compte de votre partenaire, respecter ses choix sexuels et ne pas lui imposer des pratiques sexuelles qu’il/elle n’apprécierait pas.
C’est pourquoi il est important de connaître ses besoins et ses envies et surtout de pouvoir discuter de votre sexualité avant, pendant et après le rapport sexuel. Avoir confiance l’un envers l’autre va favoriser la communication entre vous.

Protection et contraception

Respecter son/sa partenaire c’est aussi le/la protéger contre les Infections sexuellement transmissibles (IST) dont le Sida et le seul moyen d’y arriver, c’est de porter un préservatif.

Lors des premières relations, il est normal que vous soyez un peu gêné·e de sortir un préservatif, mais vous devrez arriver à dépasser ce tabou car il est tellement important de se protéger qu’il ne faut pas prendre un risque inutile ! N’oubliez pas qu’il suffit d’un seul rapport non-protégé pour contracter une IST !

De plus, sachez qu’il existe des préservatifs de couleurs et de goûts différents et pour se sentir plus à l’aise, vous pouvez aborder la question de manière moins sérieuse en proposant à votre partenaire quel goût il/elle préfèrerait.

Choisir une méthode contraceptive qui vous convienne est aussi important, discutez en avec votre partenaire, médecin ou dans un centre de planning familial.

Majorité sexuelle

Vous avez bien lu… il existe bel et bien une majorité sexuelle. En effet, vous n’êtes pas libre de faire ce qu’il vous plaît avant d’avoir eu 16 ans. Concrètement cela veut dire que la loi interdit aux jeunes en dessous de 16 ans d’avoir des relations sexuelles.

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MAJ 2025




Tout commence à la puberté

La puberté est une période de transition pendant laquelle il se passe de nombreux changements dans le corps et dans la tête. Ces changements sont différents chez les filles et chez les garçons. Cela ne se fait pas en quelques semaines mais pendant quelques années entre 8 et 16 ans. Pendant cette période, le corps change pour prendre une apparence plus féminine ou plus masculine.

Cette période est souvent accompagnée de nombreuses questions : qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi mon copain Djamel a déjà de la moustache et pas moi ? Pourquoi Nadia a une plus grosse poitrine que moi ?

Le mot puberté vient du latin pubere qui signifie « se couvrir de poil ». Ce terme désigne dans le langage courant le développement sexuel, le changement de taille, de stature et l’évolution intellectuelle (changements dans les sentiments, les relations, les centres d’intérêt, etc.) qui se produisent entre l’enfance et l’état adulte.

La puberté commence en général entre 8 et 14 ans chez la fille, et entre 9 et 16 ans chez le garçon. Elle a une durée très variable. C’est à la puberté que commence l’adolescence qui se prolongera d’ailleurs au-delà de la puberté elle-même. C’est là aussi que commence, parfois, ce qu’on appelle la crise d’adolescence car l’adolescent vit de nombreux bouleversements psychologiques et/ou sociaux.

Bien entendu, l’arrivée de la puberté n’a pas la précision d’une horloge. Chez certains, elle commencera plus tard que la “moyenne” habituelle, d’autres ont parfois de tels problèmes psychologiques qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en pleine puberté. En résumé, ce n’est pas une science exacte et bien des facteurs peuvent intervenir dans le développement ou la compréhension de sa puberté.

La puberté, comment ça se passe ?

La puberté implique des modifications anatomiques (croissance, transformation des organes sexuels) et physiologiques (mise en place des sécrétions hormonales et de la possibilité de se reproduire).

L’organisme contient certaines hormones = substance chimique sécrétée par les ovaires (filles) ou les testicules (garçon) qui vont stimuler le développement des organes sexuels. Vous pourrez donc avoir des relations sexuelles et les filles auront désormais la capacité d’avoir des enfants. Il est donc indispensable, dès le moment où une fille a des relations sexuelles d’utiliser une méthode contraceptive pour ne pas tomber enceinte accidentellement.

La puberté va se manifester par des signes visibles et moins visibles

Chez le garçon

  • des poils poussent sur le pubis, les aisselles, les jambes, le jeune garçon attrape un léger duvet sur le visage (un début de moustache et de barbe) ;
  • il grandit plus rapidement qu’auparavant, prend du poids et son corps s’élargit, devient plus musclé ;
  • la voix mue c’est-à-dire qu’elle varie de l’aigu au plus grave, cela peut surprendre au début ;
  • le pénis se développe et les testicules grossissent car ils commencent à produire des spermatozoïdes. Tout petit, le garçon a des érections spontanées, à la puberté, elles commencent à être liées à certaines émotions ;
  • parfois apparition de boutons. Il s’agit d’acné qui peut apparaître sur le visage parce que la peau devient plus grasse.

Chez la fille

  • les seins se développent mais il faudra être patiente avant de connaître sa taille exacte de soutien-gorge car la croissance de la poitrine va prendre plusieurs années ;
  • des poils poussent sur le pubis, les aisselles et les jambes ;
  • elle grandit plus rapidement qu’auparavant ;
  • le corps se transforme pour prendre une apparence plus féminine, ainsi certaines parties du corps s’arrondissent (seins, hanches, cuisses) ;
  • les premières règles vont apparaître souvent entre 12 et 14 ans, environ 2 ans après le début de la puberté : les ovaires vont commencer à produire des ovules qui, une fois par mois, donneront les règles s’ils ne sont pas fécondés par un spermatozoïde. Il y aura des pertes de sang plus au moins abondantes et d’une durée variable de quelques jours à 10 jours. Ces pertes de sang viennent du vagin et pas de l’orifice urinaire ni de l’anus. Le sang n’est pas “sale”, il est plus ou moins foncé en fonction du temps qu’il est resté dans l’utérus. Au début, les règles peuvent être d’une durée variable et ne revenir que quelques mois plus tard, il faudra quelques mois à 1 an pour que les cycles soient réguliers (un cycle dure entre 21 jours minimum et 35 jours maximum). Il faudra choisir une protection : l’utilisation de serviettes hygiéniques, de tampon ou encore de culottes menstruelles. Le mieux est de toutes les essayer pour que vous sachiez ce qui vous apporte le plus de confort et d’hygiène ;
  • parfois apparition de boutons. Il s’agit d’acné qui peut apparaître sur le visage parce que la peau devient plus grasse.

Remarques

Chez la fille, comme chez le garçon, la puberté est une période pendant laquelle les hormones sont en grande activité pour transformer son corps en jeune homme/ femme et cela peut modifier son humeur par moment. L’adolescent sera plus triste ou plus joyeux. L’image qu’on aura de son corps va être modifiée et l’adolescent devra en quelque sorte se réapprivoiser et (re)découvrir son identité.

Se masturber, c’est normal ?

Quand on est jeune pubère, les relations sexuelles avec quelqu’un d’autre ne sont pas toujours évidentes (et parfois même plus tard).

Se masturber, c’est se procurer du plaisir soi-même par des caresses, des frottements… Cela permet de mieux connaître les parties intimes de son corps, de mieux comprendre ses réactions et peut aider à se sentir plus à l’aise lors des futures relations sexuelles. Si vous ressentez du plaisir lorsque vous vous masturbez (en général avec les mains), cela est tout à fait normal et c’est l’aboutissement de la masturbation car les parties érogènes de son corps sont très sensibles et les caresses provoquent l’excitation sexuelle.

Les femmes se masturbent en stimulant leur clitoris (situé entre les petites lèvres) ou en stimulant leur vagin en se pénétrant avec les doigts ou un objet (par exemple : godemiché). Certaines cumulent la stimulation clitoridienne et vaginale. Les hommes se masturbent par un mouvement de va et vient sur leur pénis. Les stimulations d’autres zones érogènes comme l’anus ou les seins peuvent augmenter le plaisir de la masturbation.

La masturbation fait partie de votre intimité et ça ne concerne que vous, à vous donc d’en faire la découverte, d’utiliser les techniques qui vous conviennent le mieux et d’avoir recours à certains fantasmes. Se masturber ne portera pas atteinte à votre santé mentale et physique et vous pouvez évidemment le faire autant de fois que vous en avez envie. Et bien entendu, ce n’est pas une drogue, ça ne rend pas sourd ni aveugle ni fou et ça ne diminue pas la fertilité.

Orientation sexuelle : plutôt les filles ou les garçons ?

Un jour, il se peut que vous vous aperceviez que vous éprouvez une attirance plus qu’amicale envers les jeunes du même sexe que vous (c’est ce qu’on appelle l’homosexualité) ou envers les garçons et les filles à la fois (c’est ce qu’on appelle la bisexualité).

De nombreuses questions peuvent se bousculer dans la tête : pourquoi ça m’arrive ? Pourquoi suis-je comme ça ? Suis-je normal ? Certains auront dès l’adolescence une orientation sexuelle affirmée, d’autres seront plus indécis.

En parler avec qui ?

Parler de la sexualité avec ses parents, sa sœur ou son frère n’est pas toujours chose facile et parfois on est plus à l’aise lorsqu’on en parle avec une personne extérieure à son entourage : un ami, un éducateur, une personne en qui on a confiance, etc. N’hésitez donc pas à vous adresser à d’autres personnes qui sont formées et prêtes à vous écouter : par exemple dans les centres de planning familial, dans des associations spécialisées ou à votre médecin.

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MAJ 2025




Sida : risques de transmission pendant les rapports sexuels

La contamination au VIH d’une personne à l’autre peut avoir lieu via un contact sexuel.

Y-a-t-il plus de risques de contamination lors d’une pénétration anale ou vaginale sans préservatif ?

Il y a des risques de contamination élevés dans les deux situations, s’il n’y a pas de rapport sexuel avec préservatif. Cependant, la muqueuse anale est plus fragile et lors d’une pénétration, elle peut subir des lésions (risque de contamination par le VIH ou les hépatites), elle peut aussi engendrer des saignements et mettre le sexe masculin en contact avec une éventuelle infection.

La pénétration anale induit des frottements plus importants que la pénétration vaginale, il est important de veiller à disposer d’un préservatif plus solide pour ce type de pratique sexuelle et de toujours utiliser, dans ce cas, du lubrifiant à base d’eau. Lors d’une pénétration vaginale, une femme qui a une lubrification vaginale insuffisante pourrait rencontrer le même type de phénomène.

En plus du VIH, la pénétration vaginale ou anale sans protection augmente également les risques de contracter d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), comme la syphilis, la gonorrhée, le papillomavirus humain (HPV), et l’herpès génital. Ces infections peuvent fragiliser davantage les muqueuses et accroître les probabilités de transmission du VIH.

Est-il possible d’être contaminé lors d’une fellation sans préservatif ?

Le risque existe surtout s’il y a éjaculation dans la bouche quand on fait une fellation. Lors de cette pratique sexuelle, il y a un contact entre les liquides corporels (goutte du début de l’érection, liquide séminal, salive) et les muqueuses (gland du sexe de l’homme, bouche).
Le sperme d’une personne contaminée contient une concentration plus ou moins importante du virus. Le risque est plus grand s’il y a des blessures importantes dans la bouche : gingivite (inflammation des gencives), candidose (infection avec lésions cutanées)…
Pour ne courir aucun risque, il faut pratiquer la fellation avec un préservatif. Si on reçoit une fellation, le risque de transmission du VIH est pratiquement nul. Le risque est plus important pour la personne qui fait la fellation.

Une personne pourrait-elle contracter le VIH avec son nouveau partenaire s’ils n’utilisent pas de préservatifs et qu’il/elle dit ne pas être porteur du VIH ?

Les rapports sans préservatifs sont à risque uniquement si le partenaire est contaminé par le VIH. Même si vous lui faites confiance, il est impossible d’être certain que son partenaire n’est pas porteur du virus sans avoir fait un test de dépistage. S’il a eu un rapport à risque très récemment, il est possible qu’il ne sache pas lui-même qu’il est contaminé et qu’en toute bonne foi, il se croie séronégatif. Votre partenaire ne souhaite pas mettre de préservatif avec vous mais peut-être n’en-a-t-il pas utilisé, précédemment, avec les autres partenaires. Au début d’une relation, et pour éviter tout malaise, mieux vaut que les deux partenaires fassent le test. En attendant, prenez la précaution indispensable d’utiliser des préservatifs.

Y-a-t-il un risque de transmission lors d’un cunnilingus ?

Le risque de transmission du virus du SIDA lors d’un cunnilingus est faible mais pas nul, surtout durant la période des règles. Dans le monde, peu de cas ont été répertoriés par ce mode de transmission. Une femme, à qui on fait un cunnilingus, ne pourrait être contaminée par la salive, qui ne transmet pas le VIH. Elle pourrait cependant être contaminée si du sang contaminé se trouvant dans la bouche du partenaire entre en contact avec le vagin ou si le partenaire a pratiqué un cunnilingus ou une fellation à un autre partenaire juste avant. Il serait éventuellement possible que la personne qui pratique un cunnilingus à une femme séropositive soit contaminée, il faudrait alors qu’il y ait un contact avec du sang de la partenaire lors des règles notamment. La personne qui fait le cunnilingus pourrait être contaminée si du sperme, du liquide séminal ou encore du liquide vaginal contaminés d’un autre partenaire se trouve encore sur le vagin. Un moyen de se protéger est de découper un préservatif (de préférence non lubrifié), ou d’utiliser un carré de latex (ce qu’on appelle une digue dentaire) à appliquer sur la bouche afin de faire barrière.

Y-a-t-il une explication quant au relâchement de la protection individuelle contre le virus ?

L’une des explications peut être qu’il y a eu de nombreuses améliorations dans les traitements, cela a entraîné une certaine banalisation de la maladie. Actuellement, les plus jeunes appartiennent en quelque sorte à la génération de « l’après-trithérapies ». Le succès de ces trithérapies a, comme effet pervers parfois, d’entretenir l’illusion que ces médicaments guérissent. Certaines personnes ne savent pas exactement ce qu’est et comment se transmet le VIH, il y a là un réel effritement des connaissances. Une autre cause est aussi que certaines personnes n’aiment pas utiliser de préservatif (il n’est en général pas considéré comme quelque chose d’agréable, parfois considéré comme un frein au plaisir ou en procurant moins), n’osent pas en acheter ou trouvent leur prix trop élevé. Plus globalement, le relâchement est aussi celui des politiques, des médias et des associations en matière de prévention et de moindre visibilité de la maladie, dans certains pays.

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Sida : comment se protéger?

Pour se protéger entièrement du virus du sida ou d’autres IST lors des relations sexuelles, l’utilisation d’un préservatif est le seul moyen. Pour les usagers de drogues, utilisez du matériel d’injection stérile et ne le partagez surtout pas !

Qu’est-ce que le préservatif ?

Le préservatif masculin que l’on appelle aussi capote ou condom est un “doigt” en caoutchouc très fin qui se déroule sur le pénis en érection. Il est composé de latex (il existe aussi en polyuréthane ou en latex déprotéinisé pour les allergiques). Puisqu’il empêche le sperme de passer, il est à l’origine un moyen de contraception. De plus, comme il empêche le contact de toutes sécrétions entre les muqueuses du sexe de l’homme et de la femme, il protège également contre les maladies sexuellement transmissibles (IST), dont le sida.

Actuellement, il est LE SEUL mode de protection réellement efficace contre les risques de transmission du sida lors de rapports sexuels. Il est donc fortement conseillé de l’utiliser à chaque rapport, principalement au début de la relation avec un nouveau partenaire (même si l’on n’ose pas aborder le sujet), à plus forte raison si celui-ci a eu des relations à risque ou si un dépistage au VIH n’a pas été effectué récemment par l’un ou l’autre des partenaires.

Aucun autre contraceptif ne protège actuellement du virus du sida.

Quand et Comment se servir d’un préservatif ?

Son efficacité dépend avant tout d’un emploi correct. Afin de bien placer le préservatif, il faut :

  • Vérifier la date de péremption ;
  • Attendre que le pénis soit complètement en érection ;
  • Sortir le préservatif de son emballage sans le dérouler (ne pas ouvrir l’emballage avec des ciseaux ou avec les dents). Ne pas le toucher avec les ongles ou une bague (risques de déchirure) ;
  • Placer le préservatif sur le bout du pénis (le gland) (le bord enroulé doit être à l’extérieur) et le dérouler complètement sur le pénis ;
  • Pincer le bout du préservatif pour chasser l’air et laisser une poche qui récupérera le sperme ;
  • Si nécessaire, utiliser un lubrifiant à base d’eau ; il diminue le frottement entre le latex et les muqueuses et donc le risque de rupture du préservatif. Il protège contre l’apparition d’irritations ou de blessures, surtout en cas de pénétration anale. Ne pas utiliser de vaseline ou de produits gras pouvant altérer la résistance du latex ;
  • Placer le préservatif AVANT le début de la pénétration et non juste avant l’éjaculation afin d’éviter tout contact avec les muqueuses ;
  • Retirer le pénis après l’éjaculation mais avant la fin de l’érection, en maintenant le préservatif à sa base de manière à ne pas laisser échapper de sperme, faire un petit nœud et le jeter dans une poubelle avec sac plastique.

Remarques : Le préservatif ne peut être utilisé qu’une seule et unique fois et doit être jeté après utilisation. Conservez vos préservatifs dans un endroit sec et frais, à l’abri de la lumière.

Qualités et coûts des préservatifs

Il existe plusieurs qualités de préservatifs mais on peut dire aujourd’hui que tous sont sûrs. Néanmoins, le mieux est de choisir des condoms solides, avec un réservoir, déjà lubrifiés et testés électroniquement. Ce qui doit être le cas des préservatifs vendus en Belgique. Il en existe aussi plusieurs modèles que vous pouvez tester chez vous afin de trouver celui qui vous convient le mieux ; certains sont plus souples, d’autres plus robustes, de tailles et de modèles variables.

Tous ces préservatifs sont en vente en pharmacie, dans les grandes surfaces, dans des distributeurs automatiques de nombreux établissements (débits de boissons, hôtels, restaurants et dans certaines écoles) ou gratuits dans les centres de planning familial et dans certains centres d’information jeunesse comme Infor Jeunes. Le coût moyen d’un préservatif varie entre 0,20 centimes et 1,50€.

Qu’est-ce que le préservatif pour femmes ?

Le préservatif féminin ou Femidon est composé de nitrile une matière hypoallergénique (prélubrifié à la silicone). Il s’agit d’une enveloppe en polyuréthane (plastique souple) en forme de tube que la femme place à l’intérieur de son vagin avant d’avoir une relation sexuelle (il peut être placé plusieurs heures à l’avance). Il est peu utilisé mais il a pourtant des avantages comme de pouvoir être placé bien avant un rapport sexuel, ne pas comprimer le sexe masculin, permettre aux femmes de maitriser leur moyen de contraception.

Un inconvénient : le prix est plus élevé que le préservatif masculin, au minimum 3€ l’unité.

Le préservatif féminin est une alternative au préservatif masculin, il protège aussi contre la transmission du VIH.

Mode d’emploi

  • Mettez un lubrifiant (hydrosoluble ou à base d’huile mais pas de vaseline) à l’intérieur et à l’extérieur du condom ;
  • Pincez l’anneau interne (à l’extrémité fermée) et à l’aide des doigts, poussez doucement le condom le plus loin possible dans le vagin, comme si vous insériez un diaphragme ou un tampon sans applicateur ;
  • Laissez l’anneau externe (à l’extrémité ouverte) hors du vagin pour qu’il recouvre la région des lèvres ;
  • Guidez le pénis de votre partenaire vers l’ouverture du condom ;
  • Si, au cours de la relation sexuelle, le condom commence à vouloir sortir du vagin ou à glisser, appliquez du lubrifiant sur le pénis ;
  • Après la relation, et avant de vous lever, fermer le condom en pinçant l’anneau extérieur, puis tirez doucement et jetez-le à la poubelle.

Remarque : Les préservatifs féminins, tout comme les préservatifs masculins, ne peuvent évidemment pas être réutilisés.

Et en cas d’allergie au Latex ?

Pour les personnes allergiques au latex, des alternatives en polyisoprène ou en polyuréthane existent. Ces matériaux offrent une protection similaire contre les IST, y compris le VIH. Il est crucial de lire les étiquettes pour s’assurer que le produit répond aux normes de sécurité internationale (exemple : marquage CE en Europe).

Où peut-on se procurer des seringues stériles ?

Pour les usagers de drogues, le risque de contamination encouru par le partage d’une seringue entre plusieurs utilisateurs est réel. Lors de l’injection, ne partagez ni seringue, ni aiguille, ni filtre, ni coton, ni cuillère car la transmission du virus du sida se fait également par le matériel d’injection et pas seulement par la seringue. Les seringues et le matériel doivent être à usage unique ou au moins ne servir qu’à un seul et unique usager.

Les seringues stériles peuvent être obtenues dans des pharmacies (kit d’injections Steribox), les centres de planning familial, les centres de santé (mentale et physique) et aussi les comptoirs d’échange établis dans les grandes villes : Bruxelles, Liège, Charleroi. Certains proposent la formule : “Une seringue usagée contre une seringue stérile”.

Quelles sont les protections à prendre lors d’un voyage

Toutes les protections d’usage sont évidemment à prendre en voyage (voir ci-dessus). Il faut garder en mémoire que les vacances sont propices aux rencontres amoureuses et à un certain relâchement de la vigilance. Garder un préservatif à portée de main, dans son portefeuille ou son sac à main, près de son lit ou dans sa salle de bain, est recommandé.

Dans certains pays, on trouve difficilement des préservatifs, il est donc prudent d’en acheter avant le départ. Dans les pays en voie de développement, il est plus que conseillé, en cas de besoin de soins médicaux (dentiste, médecin pour petites ou grandes blessures) ou d’hospitalisation, de s’informer des modes de stérilisation du matériel utilisé et, en cas de transfusion, de la qualité du sang injecté.

La PrEP, un traitement préventif

La PrEP est un médicament préventif destiné aux personnes à risque élevé d’exposition au VIH, comme les travailleurs du sexe, les personnes ayant des partenaires séropositifs ou les usagers de drogues par intraveineuse. Pris quotidiennement ou « à la demande » avant et après une situation à risque, ce traitement peut réduire de manière significative le risque d’infection. Disponible sur ordonnance, il est délivré dans les centres de santé spécialisés ou certaines pharmacies.

Pour plus d’infos, consulter : https://myprep.be/

L’importance du dépistage régulier

En complément à l’utilisation du préservatif, le dépistage régulier du VIH est une mesure cruciale pour limiter la propagation du virus. Le dépistage peut être réalisé chez un médecin, à l’hôpital, dans des centres de planning familial ou lors de campagnes de dépistage organisées. Les tests rapides à orientation diagnostique (TROD) offrent un résultat en 15 à 30 minutes, ce qui permet une prise en charge rapide si le résultat est positif.

Liste des endroits où il est possible de faire le test ici

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MAJ 2025




Sida : risques de transmission hors rapports sexuels

N’y-a-t-il aucun risque d’attraper le SIDA lors de dons ou de prises de sang ?

Les dons de sang sont prélevés avec du matériel à usage unique, il n’y a aucun risque de transmission du virus du SIDA. En ce qui concerne les transfusions de sang (lorsqu’on reçoit du sang), il y a un risque très faible, qualifié de résiduel par le monde médical, de transmission du virus du sida. Ce n’est possible que si une personne ayant donné du sang était contaminée récemment sans que ce soit détectable. Souvent, les équipes médicales privilégient l’autotransfusion avant une opération chirurgicale ou un accouchement.

Quels sont les risques de transmission mère/enfant ?

Une femme séropositive peut transmettre le virus du SIDA durant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Le virus peut traverser la barrière hémato-placentaire et contaminer le fœtus. Cependant, le cas de contamination le plus fréquent se produit lors de l’accouchement. Le virus est aussi présent dans le lait maternel et le risque de transmission est donc important lors de l’allaitement.

Sans traitement, le VIH se transmet à 15-20 % de la mère à son enfant (30% s’il y a allaitement). Avec un traitement préventif, le taux de transmission diminue à moins de 5%.

On conseille aussi aux femmes séropositives d’accoucher par césarienne afin de diminuer le risque de transmission du virus à l’enfant et de ne pas l’allaiter. En ce qui concerne l’accouchement, la décision du mode (césarienne ou voie vaginale) peut dépendre de la quantité de virus contenue dans le sang de la maman (sa charge virale). Grâce à un suivi médical adapté, une mère séropositive peut donner naissance à un enfant non contaminé.

Pourquoi les consommateurs de drogues ne doivent jamais partager une seringue ?

Il y a un très grand risque de contamination du sida et d’autres IST (hépatite B ou C) lorsqu’on utilise une seringue dont quelqu’un s’est déjà servi. Le sang contaminé peut pénétrer directement dans le circuit sanguin de la personne qui s’injecte une drogue. Il suffit que quelques gouttes de sang contaminé soient restées dans la seringue. Il y a évidemment tout autant de risque si on partage une même dose de drogue avec une même seringue.

C’est pourquoi il existe des programmes de distribution de seringues et des kits de prévention notamment. Les seringues stériles peuvent être obtenues dans les pharmacies (kit d’injections Steribox), les centres de planning familial, les centres de santé (mentale et physique) et aussi les comptoirs d’échange établis dans les grandes villes : Bruxelles, Liège, Charleroi. Certains proposent la formule : « Une seringue usagée contre un seringue stérile ».

Y-a-t-il un risque de transmission du sida lors d’une circoncision ?

La circoncision masculine réduit la probabilité qu’un homme soit infecté à VIH par une femme. Depuis plusieurs années, l’OMS et l’ONUSIDA ont recommandé la circoncision médicale volontaire dans les pays qui enregistrent des taux élevés d’infection à VIH et des taux faibles de circoncision masculine. Cependant, si les conditions d’hygiène sont déplorables durant l’intervention chirurgicale, il existe à ce moment-là un risque de transmission du virus du Sida.

Peut-on attraper le SIDA par un piercing ou un tatouage ?

Si le matériel utilisé pour le piercing ou le tatouage est stérilisé, il n’y a pas de risques de transmission du sida. Il faut donc vérifier que la personne qui fait le tatouage ou le piercing utilise du matériel stérilisé (les désinfectants ne sont pas assez efficaces) et porte des gants stériles.

Pour le piercing, si vous recyclez des anneaux ou tiges ayant servi à quelqu’un d’autre, faites les stériliser au préalable par le professionnel qui vous percera.

Lors d’un cunnilingus, si le partenaire est séropositif, qu’il a un piercing et d’importants saignements, il y a risque de transmission du VIH.

En Belgique, un arrêté royal du 25 novembre 2005 (mis à jour le 12 juin 2007) réglemente les tatouages et les piercings.

Le tatoueur ou le perceur doit être agréé par le SPF Santé publique. Pour ce faire, il devra apporter la preuve qu’il a suivi une formation spécifique de 20h qui comporte des cours théoriques et pratiques sur les règles d’hygiène. Tous les professionnels du secteur doivent suivre la formation et réussir l’examen qui permet d’obtenir l’agrément. L’inspecteur du SPF Santé publique contrôle l’espace d’accueil, l’espace de travail, l’espace de nettoyage et la stérilisation du matériel et la qualité des produits comme les encres. L’arrêté royal est affiché dans les lieux de travail. Le tatoueur ou le perceur doivent :

  • Vous accorder un délai de réflexion avant de procéder à l’acte ;
  • Vous faire signer un document de consentement en deux exemplaires. L’exemplaire qui vous est remis mentionne les risques liés au tatouage ou piercing, les cas qui nécessitent une visite chez le médecin, les contre-indications et complications possibles ;
  • Vous remettre un document précisant les soins à apporter durant la cicatrisation et les précautions à prendre.

En outre, les bijoux utilisés dans le piercing doivent être conformes à l’arrêté royal du 19 janvier 1998 (mis à jour le 10 août 2005) relatif au commerce de certains objets usuels entrant en contact direct avec la peau et contenant du nickel. Cet arrêté fixe les taux de libération maximaux pour le nickel contenu dans ces objets.

Il n’y a aucune précision, dans l’arrêté royal, sur l’accès aux piercings et tatouages des mineurs d’âge. Les praticiens consciencieux appliquent les principes suivants : pas de tatouage avant l’âge de 18 ans, sauf avec accord parental à partir de 16 ans, et pas de piercing avant l’âge de 16 ans, sauf avec accord parental à partir de 14 ans. La présence sur place du parent est alors généralement requise.

Pour plus d’informations

Sur le site du SPF Santé publique « Tatouages et piercings« , vous trouverez un dossier sur le tatouage (risques, comment être vigilant, critères pour choisir le salon de tatouage, législation, etc.)  avant de se décider à se faire tatouer.

Voir aussi :

MAJ 2025




Transition de genre : modification de l’enregistrement du sexe et changement de prénom(s)

Si ce n’est pas obligatoire et que cela dépend du ressenti et convictions de chaque personne. Il se peut qu’une personne transgenre (dont l’identité de genre ressentie ne correspond pas au genre qui lui a été attribué à la naissance) ait la volonté d’effectuer une transition pour se rapprocher de sa situation de confort. Cette transition peut comporter plusieurs dimensions :

–Légale : changement de genre à l’état civil, changement de prénom.

Comment cela fonctionne-t-il d’un point de vue légal ?

Modification de l’enregistrement du sexe (ou changement de sexe juridique)

Pour les belges et étrangers majeurs ou mineurs émancipés

Les personnes qui ont la conviction que le sexe mentionné dans leur acte de naissance ne correspond pas à leur identité de genre vécue intimement peuvent modifier la mention.  Cette procédure peut prendre jusqu’à six mois maximum et comprend plusieurs étapes :

Il faut premièrement, remplir une déclaration de volonté de modifier l’enregistrement de son sexe auprès de l’officier de l’état civil de la commune où vous êtes inscrit au registre de la population ou au registre des étrangers. Cette déclaration fait état de la conviction intime que le sexe mentionné dans l’acte de naissance ne correspond pas à l’identité de genre telle qu’elle est vécue et exprime la volonté de faire modifier ce point sur le plan administratif et juridique.

Lors du dépôt de cette déclaration, vous recevrez un accusé de réception de celle-ci, mentionnant les conséquences administratives et juridiques d’un tel changement. Attention, à ce stade, le changement n’a donc pas encore eu lieu officiellement.

En effet, l’officier de l’état civil doit d’abord informer le procureur du roi de cette déclaration. Celui-ci doit rendre un avis dans un délai de trois mois à compter de la réception de la déclaration. S’il rend un avis négatif pour contrariété à l’ordre public (ce qui est limité aux cas « extrêmes et marginaux », et donc très rare) l’officier de l’état civil notifiera son refus de procéder à la modification de l’enregistrement du sexe. Si par contre, le procureur ne rend pas d’avis dans le délai qui lui est imparti (trois mois), l’avis est réputé favorable et l’officier de l’état civil pourra procéder à l’établissement de l’acte.

Pour cela, vous devez vous rendre auprès de l’officier de l’état civil auprès duquel il avait préalablement introduit sa déclaration. L’acte doit être établi au plus tôt trois mois et au plus tard six mois suivant l’introduction de la déclaration.

Pour les belges et étrangers mineurs non émancipés

Les mineurs non émancipés doivent suivre la même procédure mais ils doivent répondre à des conditions supplémentaires :

–  avoir 16 ans accomplis ;
–  fournir une attestation délivrée par un pédopsychiatre affirmant que la demande émane d’un choix libre et conscient ;
– être assistés par leurs parents ou représentants légaux.

Si ces derniers refusent d’intervenir dans cette procédure, une autre personne majeure peut demander au Tribunal de la famille de désigner un tuteur ad hoc pour accomplir cet acte et accompagner le mineur dans sa démarche ;

Depuis le 1er  octobre 2023, il est permis de modifier plusieurs fois l’enregistrement de mention de genre. Dans ce cas, il n’est plus nécessaire de remplir une nouvelle déclaration, il suffit de se rendre auprès de l’officier de l’état civil.

Modification du prénom

Il est également possible de changer de prénom, si une personne estime que son prénom de naissance ne correspond pas/plus à son identité de genre.

Pour les personnes majeures

A nouveau, la démarche consiste à remplir une déclaration de changement de prénom mentionnant toutes les modifications souhaitées. Cette déclaration doit être déposée auprès de l’officier de l’état civil de la commune où la personne est inscrite dans le registre de la population ou le registre des étrangers. En plus de cette déclaration, il faut joindre un extrait de casier judiciaire et une déclaration sur l’honneur attestant de la conviction que le prénom mentionné sur l’acte de naissance ne correspond pas à l’identité de genre vécue intimement. Il n’est pas nécessaire que le nouveau prénom choisi corresponde à l’identité de genre de la personne

Cette procédure est accessible aux belges, apatrides, réfugiés majeurs ou mineur émancipés.

Pour les personnes mineures

Pour les personnes mineures non émancipées, qu’elles soient belges, apatrides ou réfugiées, la procédure est identique mais deux conditions supplémentaires sont requises :

– le/la mineur.e doit avoir au moins 12 ans ;
– il/elle doit être assistée.e de ses parents ou représentant légal.

Des procédures non-médicalisées

Depuis 2017, tant pour la procédure de changement d’enregistrement du sexe que celle du changement de prénom, la loi n’oblige pas de procéder à une réassignation sexuelle (opération de changement de sexe biologique) pour pouvoir accomplir ces démarches. En effet la volonté du législateur est de favoriser l’autodétermination des citoyens en se basant sur l’identité de genre ressentie et non plus sur un sexe biologique. Il n’est pas non plus exigé de recourir à une réassignation une fois les changements juridiques administratifs accomplis.

Sources légales :

Voir aussi :

MAJ 2025